la légende de l'amour et la folie

Chant septième

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La folie avançait, chaque pas lui coûtant un effort de plus en plus grand.

Le désespoir commençait à l'envahir devant cette immensité solitaire où rien ne bougeait. La citrine brillait comme un soleil en réduction,  brûlant la paume délicate de sa main, et plus d'une fois, elle fut tentée de la jeter au loin. Un sentiment vague, informulé, l'empêcha de le faire, et elle continua d'endurer la douleur infligée par le joyau.

Le jour déclina sans que sa quête se termine, la folie errait, sans plus savoir pourquoi elle se trouvait dans ce monde déserté de toute âme. Une lueur rouge brilla à l'horizon, quand l'astre disparut, le ciel de turquoise parut un instant suspendu comme une peinture, avant de s'assombrir lentement, devenant de saphir, où des diamants étincelaient. La chaleur qui l'instant d'avant avait accablé la folie s'évanouit, laissant la place à un givre cristallin, perlant sur chaque grain du sable blanc, coupant comme des lames minuscules et tranchantes.

La folie, voyant le sang teinter la blancheur immaculée du sol, sentit ses forces l'abandonner, et s'arrêta, regardant la pierre qui luisait doucement, comme animée d'un feu intérieur. En écho à cette lumière, un miroitement attira le regard de la folie qui s'avança de quelques pas.

Le spectacle qui l'attendait était enchanteur. Une rivière coulait au milieu du désert, ondulant avec grâce, déroulant ses flots d'argent avec calme et douceur. Sous l'eau translucide, la folie vit un lit de galets de citrine, comme celle qu'elle tenait, et comprit que le don du dragon allait lui permettre de franchir la rivière. A son approche, une créature émergea de l'onde, qui lui adressa un doux sourire :

-« Je suis la compassion »  et désignant la pierre d'or,

-« Tu me ramènes une de mes filles ».
Hauteclaire

 

 

 

Le ciel s'assombrit, et, le grondement du tonnerre se fit
entendre
Le sommet des dunes de terre touchait le ciel, remplis de
nuages aux cinq couleurs
Ils se miraient dans la rivière comme un tourbillon de
pierres précieuses
La citrine que tenait la folie lui brûlait de plus en plus
la paume
Elle la lâcha et, la ^pierre roula aux pieds de la
compassion
L'eau devenait verte, et, surtout, aucuns bruits ne
cassaient ce tourbillon de nuages
La compassion ramassa le joyau, et, le jeta dans le
bouillonnement verdâtre
Le vent commença à souffler, sculptant des silhouettes
étranges
Un brouillard se forma au-dessus de la rivière, et, le sable
doré se transforma en galets d'un rouge profond
Dans un vacarme de cris stridents, une masse noir apparu
La folie regarda le rivage, et, resta figée devant cette
apparition
Le temps semblait suspendu
Gigi

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chant septième

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La folie ondulait sur cette mer du temps , chaque creux
assombrissait son coeur , chaque houle envahissait sa
colère , les abysses grondaient de désespoir mais la
lumière pénètrait cette obscurité formant un halo si
lumineux que le ciel ouvrit cette porte de l'éternité ,
l'aube se réveillait bordant cette nuit aux douces
caresses du rêve...
Souviens toi

 

La folie, incapable de faire un mouvement, regarda la forme
noire s'illuminer, éclairée par un astre blanc qui se levait
sur l'horizon, lançant ses rayons d'argent sur cette terre
scintillante. La compassion eut un sourire en voyant sa
stupeur, et sa peur:
-"Voila l'envie qui tente de se manifester. Ici elle ne peut
rien contre toi. Dans ce royaume, elle ne peut agir".
Les galets reprirent leur couleur dorée, et le vent
s'apaisa. Les formes restèrent figées en des attitudes
torturées sur le rivage, puis commencèrent de se dissoudre
doucement sous les rayons du soleil, ne laissant qu'un peu
de poussière grise derrière elles. Restait dans le ciel
limpide, la porte ouverte, révelant un chemin noyée de
brume. Elle s'en échappait, formant des nuages irisés qui
montaient dans l'air transparent.
La compassion montra l'ouverture à la folie:
-"tu dois entrer dans le couloir des brumes pour retrouver
l'amour. Prends garde, les pièges y sont nombreux. Ne crois
pas tout ce que tu vois"
Elle lui tendit un objet:
-"Prends la, elle te guidera".
La folie prit la bougie que lui tendait la compassion. Elle
s'alluma immédiatement, répendant une flamme bleue. La folie
remercia d'une voix douce, et entra dans les volutes de
brouillard.
La porte claqua derrière elle.
hauteclaire

 

 

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Chant septième

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La folie sursauta quand la porte se ferma derrière elle
La lumière de la bougie vacillait légèrement sous le souffle
saccadé de la folie
Une délicate odeur de rose, en émanait
Notre compagne se sentit protégée dans ce refuge désagréable
et inquiétant
La lueur semblait lui parler
Les lambeaux de brouillard s'entortillaient autour d'elle
comme, pour former une robe de mousseline fantomatique
Elle avança doucement, comme, suspendu dans le temps
La lueur de la bougie dansait le long des parois, et,
faisant apparaître de magnifiques fleurs d'un rose éclatant
Certaines, étaient ouvertes, d'autres, étaient de boutons
De petits flocons de neige commençaient à virevolter autour
de la folie
Elle approcha sa main d'un bouton, et, la chaleur de sa
paume la fit s'ouvrir
Dans la pénombre, la folie s'imprégna des effluves de son
parfum relativement envoûtant
Elle sentit une force qui l'envahissait petit à petit
Soudain, elle aperçut une image déformée par les lueurs des
ombres, qui se révéla à ses yeux
Une jeune femme, avec un magnifique visage, et, de longs
cheveux blonds arriva près d'elle
Elle avait des yeux noirs comme l'ébène, et, son visage de
cristal affichait un séduisant sourire
Etait-ce l'amour?
Elle approcha la bougie près du visage de la jeune femme,
et, à la lueur de la flamme, elle se métamorphosa en une
fleur de toute beauté
La folie recula, et, la fleur disparut dans un nuage doré
Elle sentit tomber à ses pieds les pétales d'une douceur
incroyable
Gigi

 

La folie se pencha et ramassa un des pétales de rose tombé
au sol. La texture du végétal était d'une telle finesse que
les doigts de la folie apparurent en transparence, se
teintant de la couleur douce. Le pétale durcit à se contact,
devenant dur, devenant cristal d'une pureté inégalable,
brillant, répandant une lumière étouffée. Le serrant dans sa
main, la folie reprit sa route, levant haut la bougie qui
semblait ne pas se consumer. Le parfum de roses se faisait
enivrant, tournant la tête et les sens de la folie, qui
marchait sans plus avoir conscience de son pas. Les ombres
l'entouraient, voiles brumeux dans l'attente de leur proie.
Ils s'écartèrent devant elle, alors qu'elle arrivait dans un
vaste espace, recouvert de rosiers multicolores et odorants.
Incapable de résister, la folie se précipita au milieu des
fleurs, qui tendirent leurs corolles vers elle, s'ouvrant
sur des cœurs rouges de sang.
Hauteclaire

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chant septième

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La folie parmi ces roses était d'une grâce inégalable
Les essences qui en émanaient l'enivraient de courage pour
avancer dans cette nouvelle aventure
Un rayonnement de bonheur se faisait timide dans ses yeux
turquoise
Au milieu de ce champ, apparu une rose pourpre, brillante
comme les perles de la rosée au levée du soleil
La folie la regarda longuement et des pensées de passion
lui revinrent en mémoire
Sa passion, son amour..., ou pouvait-elle bien être
Cette fleur exquise et majestueuse semblait lui parler
La folie s'approcha
Un chant mélodieux en sortit
La magie de la demoiselle colorée commençait à envoûter
notre compagne
La folie toucha de sa main les dentelles fines de la rose
Elle la retira vivement
Un pétale de la rose venait de lui couper la paume de la
main
Une goutte de sang glissa sur la flamme de la bougie et, un
nuage coloré enveloppa la folie
Gigi

 

Le nuage était d'une sombre couleur pourpre, à l'image de la goutte du sang de la folie.
Il s'épaissit, faisant disparaître le jardin embaumé à son regard, l'entourant tel une tenture
Epaisse et veloutée.
Des ombres apparurent, semblant danser autour d'elle, des silhouettes féminines, toutes de
Grâce et d'élégance. Regardes-nous, susurraient-elles, ne sommes nous pas plus désirables
Que l'amour ? Pas plus belles et plus habiles aux jeux des sens ?
La folie se sentit faiblir à cette ronde, reconnaissant les filles de la tentation, la terrible
Déesse, qui ne laisse l'âme en repos qu'au moment où on lui a cédé. Ce repos ne durait guère,
La tentation revenant bien vite planter ses crocs acérés dans l'esprit de ses victimes.
La folie ferma les yeux.
La nuée rouge se dissipa lentement, montrant les visages durcis des filles de la tentation.
Tu nous dédaignes ! lancèrent-elles avec colère, Pour vengeance, contemple ta compagne :
La folie vit apparaître le visage de l'amour, triste et las. Ses yeux se levèrent brièvement
Vers la folie, une lueur d'espoir dans le regard de la prisonnière, et l'image s'évanouit comme elle était venue.
Je vous en supplie !  cria la folie, où est-elle ?
Seuls des rires légers et cruels lui répondirent, puis l'ombre rouge disparut totalement.
Le jardin reprit ses couleurs, seule la rose était fanée, perdant peu à peu ses pétales, qui
Tombaient en poussière sur le sol. La folie hésita, ne sachant plus que faire, quand une autre couleur attira son attention, plus loin.
Semblable à une fleur, un papillon étalait ses ailes moirées et palpitantes, s'envolant gracieusement à son approche.

Hauteclaire

 

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Samson et Dalila

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 Cette fois encore, je souhaite associer mon peintre préféré, Gustave Moreau, et un grand air d'opéra, sur le thème de Samson et Dalila, de Saint Saens. Un chant d'amour, qui trouve tout particulièrement sa place ici.

 

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Chant Septième

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Irrésistiblement  attirée par cet éclair coloré, la folie suivit la petite créature qui voletait devant elle, semblant suivre un chemin connu d'elle seule.

Ses ailes étaient pareilles à du velours incarnat, brodé d'or et de saphir. Les fleurs du jardin se tendaient vers le papillon, étalant leurs plus belles couleurs, et répandant leur parfum le plus subtil. Il n'en avait cure, et inlassablement continuait sa route, entraînant la folie plus loin, toujours plus loin.

Le jardin laissa place à une forêt de plus en plus dense, ou régnait une ombre bleutée. Les branches des arbres ployaient sous le poids des fleurs qui s'ouvraient, brillantes et blanches. La folie intriguée, passa la main sur l'une d'elles, et comprit que des cristaux de diamant formaient les corolles. Quelques uns tombèrent dans sa main, et fondirent, comme de l'eau, ne laissant que des gouttes sur sa peau.

Dans les fourrés des bruits de reptation se faisaient entendre, et elle aperçut brièvement l'éclat d'une écaille couleur d'émeraude, ou d'un œil d'ambre, s'ouvrant dans une tête triangulaire.

Le papillon disparut à ce moment, et la folie, désemparée ne sut que faire. Le bruit se rapprocha, et tout à coup, le serpent se dressa devant elle, redressant sa tête orgueilleuse, où des arabesques compliquées s'entrelaçaient.

-« Que viens-tu faire en mon royaume ?»  demanda la voix profonde.

La folie, saisie de peur, répondit en tremblant :

-« Je cherche l'amour, mon amour ».

Le serpent gigantesque, roi d'une forêt précieuse, s'avança, dominant la folie de toute sa hauteur, plongeant son regard hypnotique dans les yeux de turquoise. Il se pencha vers elle, sans qu'elle puisse faire un mouvement pour s'échapper, et la langue rose, bifide, vint lui effleurer le front.

-« Je suis la vérité. Malheur à celui qui ose me mentir.

Tu peux continuer. Prends un pétale d'une de mes fleurs, il t'aidera dans ta quête. Ce sont les fleurs de la vérité, du courage et de la sincérité ».

Un diamant à peine rosé tomba dans la main de la folie, pendant que le roi serpent disparaissait, glissant entre les herbes hautes.

 

 

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