la légende de l'amour et la folie

Chant second

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La folie se redressa d'un bond, et fit face à son double prête à se battre, quelqu'en soit le prix, pour franchir la cascade. Elle marcha sur lui, et devant sa fureur, le double sembla se dissoudre dans l'air, fumée légère d'abord, puis néant, absorbé par le vide. La folie avait vaincu sa propre nature, et forte de cette victoire, elle se retourna vers la grille. La poussière était devenue pluie d'éclats d'argent, et la grille, faite d'un précieux métal, luisait doucement sous la lumière du soleil couchant. La folie la franchit et se retrouva dans une caverne immense, immense et vide. Où chercher l'amour maintenant?
Hauteclaire

La folie préférait se battre jusqu'à la mort plutôt que de perdre son amour
Crois-tu que je vais t'abandonner criait la folie dans ce lugubre tunnel
C'est mal me connaître...
La folie releva la tête et, on aperçut des larmes rouler le long de son visage
Elle vit une ombre passer le long de la paroi
Une ombre froide et sans âme
Au bout du tunnel un chemin sinueux et caillouteux se dessinait
Quelque chose poussait la folie à suivre ce sentier
Sans son fidèle destrier, la folie se sentait bien seule
Seule face à elle même
Seule face au néant
Et pourtant,
Si prêt de l'amour...
Si loin du bonheur...
Gigi

La folie s'engagea sur le chemin étroit, hérissé de cailloux aux arêtes tranchantes. plusieurs fois elle trébucha, tombant à genoux, et se redressa plus déterminée que jamais. Une lumière plus pâle qu'une ombre, à peine une présence, se laissait deviner plus loin, reculant à mesure qu'elle avançait dans le boyau étroit. Des glissements se faisaient entendre, créatures invisibles et muettes. Elle sentit contre son bras la caresse d'une fourrure qui loin de la terroriser, lui insuffla du courage.
Enfin le tunnel s'élargit, la lumière se fit plus vive. Elle pressa le pas, soudain impatiente et gaie. L'amour l'attendait.
Hauteclaire

La folie contempla longuement l'amour
Elle était à bout de force
Ses jambes douloureuses se dérobaient sous elle, et, pour retrouver son équilibre, elle s'agrippa à l'amour
Enlacée la folie se rappelait de son premier baiser passionné qu'elle avait échangé au cour de cette nuit, le long de la rivière...
Les étoiles brillaient dans le ciel
La nuit était douce
L'amour la serrait tendrement sans donner trop de caresses, qui, pourraient réveiller en elle, la folie, et, l'envie...
Cette nuit étoilée les recouvrait de sa splendeur scintillante
Gigi

 

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Chant second

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La folie, les bras serrés autour du cou de l'amour, sentait son coeur battre de plus en plus fort. L'amour posa une main sur ses cheveux, caressant doucement les boucles rousses, en un mouvement apaisant. La folie baissa la tête, quittant les yeux de l'amour pour reposer son front au creux de l'épaule d'albâtre. Les mains de l'amour retombèrent, se détachant d'elle. La folie, éperdue, vit que sa compagne se détournait, marchant de son pas léger dans la douceur de la nuit scintillante. Elle sentit son courage l'abandonner, et allait s'effondrer, lorsque l'amour se retourna, l'invitant à la suivre.
Quelle épreuve allait elle devoir endurer pour la reconquérir?
Hauteclaire

La nuit étoilée les recouvrait d'une splendeur scintillante
Regarde la lune dit l'amour à la folie
Elle est mince comme un fin croissant d'argent
Est-elle présage de bonheur pour nous?
Serée contre l'amour, la folie demeura perdu dans ses souvenirs
Une pensée lui traversa soudain l'esprit et assombrit son magnifique visage
Où était l'ombre qui la poursuivait depuis le début?
L'amour fit signe à la folie de s'allonger sur le mince tapis de feuilles pour se reposer
Elle referma les bras autour de la folie blottie contre elle
La douceur de cet instant envahissait leurs coeurs
La folie bascula dans le sommeil et, chuchota à l'amour...
Je t'ai trouvée... et maintenant je ne te perdrai plus...
Plus jamais...
Mais, l'amour endormi ne l'entendais pas!
Gigi


L'amour dormait déjà, et la folie, apaisée par son souffle léger et régulier; s'assoupit à son tour. Au dessus d'elles, le ciel lentement tournait ses étoiles, sur le fond de velours de sa voûte. Les feuilles étaient douces et parfumées, leur couche accueillante et tiède. Le rêve vint à la folie. Que voyait elle derrière ses paupières closes? Qui saurait le dire? pas même elle, n'en gardant qu'une impression confuse et tendre. Ni l'une ni l'autre ne s'éveillèrent, ni ne sentirent l'ombre s'approcher à pas feutrés et se pencher sur elles, étendant des doigts minces et âpres.
Hauteclaire

Dans le sommeil de la folie une plainte s"échappa de ses lèvres
Un frisson courut le long de son dos
Elle tressaillit brusquement
Des bras l'enlaçaient doucement et, la sortaient de son rêve
Qu'est ce que c'est, ce demanda la folie les yeux remplis de frayeur
Doucement l'ombre recouvrit la folie et, l'embrassa
Le coeur de la folie s'accéléra et, elle frémit au contact de ces lèvres
L'envie était là
L'amour était toujours paisiblement allongée à côté d'elle dans un profond sommeil
La folie s'abandonna aux sensations de plus en plus grisantes qui s'emparaient de son corps
Le silence régnait au-dessus deux
On n'entendait plus que les soupirs du vent et de nos amants...
Gigi

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Chant second

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Les soupirs des deux amants montaient vers le ciel, comme une fumée bleutée, qui se mélangeait aux nuages. Le jour se levait, déjà une pointe de rose parait l'horizon, au dessus des montagnes vertes. Un trait de lumière courait le long de la paroi verticale, sur le sol, pour finir par atteindre la couche de la folie, éclairant son front d'une lueur rouge. Elle se redressa brusquement, aucune trace de l'envie, et pourtant, elle pouvait encore sentir la chaleur de ses bras autour d'elle. L'amour gémit un peu dans son sommeil, sans se réveiller. La folie se leva sans bruit, et s'avança pour regarder l'aube. Avait-elle rêvé?
Hauteclaire


Ce rêve la torturait
Cette nuit n'était pas une nuit comme les autres
Elle avait savouré chaque minute sans hâte, sans violence, en toute plénitude...
Le plaisir donné l'un à l'autre était éphémère et irréel
La folie contempla la beauté de l'amour encore endormi
Elle était toujours vêtue de son vêtement de soie blanche
On pouvait deviner sa splendide nudité
La lueur rose s'intensifiait à l'horizon
La montagne semblait s'évaporer dans un mélange de vert et de turquoise
La folie ferma les yeux
Ses rêves les plus fous, les plus intenses l'envahirent d'une douce plénitude
L'amour se réveilla
Leurs regards se croisèrent
La folie fut à nouveau saisie par la couleur lumineuse de ses yeux verts...
la réalité était en face d'elle...
Gigi

la réalité était en face d'elle , mais quelle réalité ? l'arbre qu'elle voyait n'était pas celui que voyait l'Amour puisqu'elle n'était pas à sa place ...la réalité n'est jamais la même selon l'angle sous laquelle on la regarde ...C'est ainsi
qu' insidieusement Folie vit s'approcher d'elle les Erinnyes , ces trois gardiennes de l'ordre strict ,raisonnable et sans amour , sombres et puissantes ,nées du sang d' Ouranos Elles se présentèrent à Folie en des cris douloureusement aigus et stridents .:"nous sommes Alecto , Tisiphone et Mégère" ...elles tenaient dans leurs mains des flambeaux et des fouets . Leur tête était recouverte de serpents ,dont les reflets phosphorescents fascinaient Folie de sorte qu'elle ne pouvait détacher son regard ni réaliser le danger qui la guettait .Elles s'approchaient doucement de Folie en quête du crime d'amour rarement châtié de mort et pour lequel le monde était plein d'indulgence Quand elles furent à moins d'un mètre de Folie , celle-ci prit peur et arracha des mains de mégère le plus terrible fouet qu'aucun mortel n'ait jamais vu . Obéissant aux ordres des voix terribles qui lui vrillaient la tête jusqu'à l'en faire hurler ,elle s'acharna sur l'Amour endormi , puis épuisée retomba brusquement sur le sol.....Quand elle revint à elle , les Errinyes avaient disparu , seule gisait prés d'elle , ensanglantée , l'Amour décapité .....Au dessus d'elles, dans un bruissement de feuillage caressé par le vent , un rossignol chantait ....
Lulubelle

La Folie, épouvantée par ce qu'elle venait de faire, se couvrit le visage de ses mains tremblantes, lâchant l'arme qui roula sur le sol recouvert de feuilles rougies du sang de l'Amour. Le chant de l'oiseau seul troublait le silence, un calme tel l'entourait, qu'elle se sentit obligée de regarder. Ses doigts retombèrent, offrant son visage ravagé de larmes aux rayons du soleil levant, radieux et chauds. Son regard se porta malgré elle sur le corps de sa compagne. L'arme, le sang, avaient disparu, et l'amour lui souriait paisiblement, les prunelles encore assombries de sommeil. La folie fut encore saisit par la couleur lumineuse de ses yeux verts. Elle étendit la main vers la Folie, qui s'en saisit, tombant à genoux près d'elle. Sur son cou, trace infime, une goutte de sang perlait, tâchant l'albâtre de la peau. Quel était ce prodige ? La rose voisine ? La Folie avait elle commis ce crime, ou les dieux lui avaient ils envoyé un message ? N'était ce pas plutôt sa propre nature qui s'était révélée dans toute sa sauvagerie ? L'amour se leva, tenant toujours sa main, étroitement serrée dans la sienne. « Viens » lui dit elle. La montagne semblait se diluer dans l'air vibrant de chaleur, laissant deviner derrière elle une mer magnifique. D'un pas égal, elles se dirigèrent vers l'écume bondissante et légère.
Hauteclaire

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Chant second

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La folie contempla l'immensité de l'océan
Ses mèches blondes virevoltant dans la bise frôlaient le visage de l'amour
Les yeux perdus sur l'océan scintillant sous le soleil, elle se mit à penser
Elle était soulagée que cela ne fut qu'un rêve
Un rêve, et pourtant si réel...
Ces mains, ces baisers... ce vent de folie...
Elle savoura la beauté qui l'entourait
La limpidité cristalline de l'air,
Les effluves grisants et salés de la mer,
Le silence...
Elle se sentait soulagée d'avoir triomphé d'une mort qui l'avait frôlée de près...
Qui avait frôlé l'amour...
Les sombres pensées de la folie furent soudainement interrompues
Gigi

Les sombres pensées de la Folie furent soudainement interrompues par un bruit doux et insistant. Le vent se levait, creusant la mer de vagues profondes et arrondies, bordées d'écume blanche, aussi blanche que les ailes des oiseaux qui la survolaient, frolant leurs crètes sans jamais les toucher. Regardant au loin, les deux compagnes virent un navire émerger de l'horizon, fendant la brûme de ses mats aigüs , droits comme des flèches La folie jeta un regard interrogateur à l'amour qui se contenta de lui souire. Le voilier fut soudain devant eux, sa coque noire luisant doucement sous le soleil.
Ses voiles étaient gonflées de rafales, blancs étendards de la liberté. Quand il fut proche de la grève, l'amour dit à la folie:
-"Viens nous rentrons chez nous".
et elle bondit dans l'eau verte.
Hauteclaire

La charpente du navire grinçait sous les assauts des vagues
La folie eu une vision
Elle était persuadée que le bateau allait se casser en deux, la livrant seule dans les profondeurs sombres et glaciales de l'atlantique
L'amour la précipita sur le pont d'un seule geste
Que va-t-il m'arriver maintenant pensa la folie
Il faisait terriblement chaud sur le pont,
le soleil perdait un peu de son intensité et, déclinait à l'horizon
La folie ne se sentit pas rassurée, elle prenait de plus en plus conscience de l'inextricable toile d'araignée dans laquelle elle s'était aventurée
Plissant les yeux elle tenta d'observer l'horizon...
Gigi

La folie, plissant les yeux, tenta d'observer l'horizon. Le soleil se couchait, embrasant la mer de ses rayons écarlates. Le navire fendait les flots de son étrave acérée, repoussant une écume verte qui demeurait longtemps après que le sillage se fut refermé. L'amour, debout à la proue, offrait son visage au vent et aux embruns, fermant à demi les yeux comme pour mieux sentir l'air caresser sa peau.
La nuit tomba, et une lune d'argent, plus brillante que le métal le plus pur monta sur les ténèbres. Alors la mer s'ouvrit, en un chemin obscur, et le vaisseau inclina sa course vers les profondeurs.
Hauteclaire

La folie se força à regarder les entrailles de cet océan
Un abîme s'ouvrait devant elle noir et glaciale
Le navire commençait à s'engouffrer à l'intérieur
Un flot de larmes jaillit des yeux de la folie
Elle avait le sentiment que la fatalité lui jouait un tour bien cruel
Dans un éclair de lucidité elle pensa que cet instant, était l'ultime instant de liberté
Liberté de vivre...
Son coeur se chargea d'amertume
En un instant le navire plongea dans cette eau livide, en laissant échapper un terrible craquement sinistre
Des éclats de mâts, des lambeaux de voiles jaillirent au rythme d'un tourbillon
La folie s'accrocha à l'amour, et, croisant son regard l'implora de la sauver de cet abîme
De ce cauchemar, de son cauchemar...
L'amour la saisie doucement par le bras, et, lui chuchota quelque chose
Ne pleure pas, ne crie pas... laisse toi porter par cette douce musique qui commençait à émaner du néant
Le navire disparu dans les profondeurs
La folie porta ses mains à son visage
Elle n'arrivait plus à respirer
Gigi

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Chant second

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Le navire plongea dans l'eau blême, et les flots se refermèrent derrière lui en bouillonnant. La folie se sentait étouffer, pourtant, à la ferme pression de doigts de l'amour sur sa main, elle se calma, comprit qu'elle vivait toujours, et regarda le monde qui l'entourait.
L'eau s'était faite transparence de jade, alors que le navire plongeait toujours plus bas. Un sable fin et doré couvrait le fond de l'abîme. Au loin, un volcan crachait des flammes liquides, coulant le long de ses pentes abruptes, éclairant d'une lueur écarlate des forêts de gorgones. Plus loin encore, des formes se dessinèrent, imprécises d'abord, puis nettes, élancées et fières. Une ville se dressait là, entourées de hauts remparts, à l'abri de ses portes, de corail. L'amour désigna la ville de la main, et le bateau, lui obéissant, se dirigea vers l'enceinte de nacre.
Hauteclaire

La folie sourit
Elle était heureuse de rester en vie
Leurs regards se croisèrent...
Une même émotion les envahit
Leur extraordinaire passion amoureuse était une expérience inoubliable
Ce voyage était une expérience inoubliable
Comme un vertige physique de l'amour
A cet instant le navire passa le long d'un splendide lac turquoise
Le long de la rive la folie aperçut son fidèle destrier
L'ivresse de cette course folle à travers ce paysage magique, illimité, grisa quelque peu la folie
Enfin, le navire s'arrêta au sommet d'une colline
L'image de ce monde qui s'offrait à elles était exaltante
La folie contempla l'amour et, la trouva plus belle que jamais
Elle l'a désirait
Ses yeux brillants et ses lèvres ouvertes sur un sourire l'ensorcelaient
Une vague de désir la submergea dans un vent frêle qui s'entortillait autour d'elle laissant apparaître dans un éclair une tête de dragon
Elle s'approcha de l'amour, l'étreignis follement
En quelques instants l'orage de la passion les emporta d'une violente et primitive volupté
Gigi

La passion les emporta un long moment. Quand elles reprirent conscience du monde extérieur à elles mêmes, l'amour et la folie virent que le navire s'était ancré au sommet d'une colline qui surplombait la ville engloutie. Les eaux du lac brillaient d'outremer, tranchant sur le jade de la mer, La ville paraissait vide et silencieuse, seul le dragon veillait, devant la porte aux arabesques compliquées. L'équipage du vaisseau avait disparu, d'ailleurs y avait -il jamais eu un équipage, se demanda la folie? Elle n'en était plus sure. Le cheval blanc s'approcha du dragon, semblant quêter son approbation. Celui ci, déroulant ses anneaux, se redressa, dominant le destrier, puis abaissant la tête, ils se touchèrent du bout des naseaux, avec délicatesse. La porte s'ouvrit.
Hauteclaire

La porte s'ouvrit sur un spectacle fabuleux
On apercevait à droite un château dont la charpente à demi détruite laissait entrevoir les bois de la forêt de Hautefeuille
Un dolmen se hissait au milieu de la place, laissant à ses pieds une multitude de pierres précieuses
Le verre de l'émeraude scintillait doucement au rythme d'une mélodieuse musique
Quel chant enivrant presque ensorcelant
L'eau était si claire qu'elle semblait former une voûte dans laquelle on apercevait des créatures qui semblaient jouer...
Elles jouaient, mais, restaient figées, inanimées, presque comme des fantômes...
L'amour secoua la tête, et, la goute de sang qui perlait le long de son cou, tomba lentement, aux portes de la ville
Elle prit la folie par la main, et, l'entraîna à l'intérieur de la citée.
Gigi

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Chant troisième

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L'amour entraîna la folie, sa main serrant ses doigts avec force. La tête tournait à la folie, en voyant les richesses entassées dans les rues de la cité. De l'or à même le sol, s'étendant en un tapis rutilant. Les pierres mélangeant le vert de l'émeraude au rouge du rubis, et au violet de l'améthyste, semblaient une protection autour du dolmen. La mélodie qui en montait l'attirait, plus que tout, et elle voulut lâcher la main de l'amour pour aller vers ce monument à une gloire inconnue. L'amour l'empêcha de partir, et à son désespoir, l'obligea à la suivre, loin, toujours plus loin. En se retournant, le folie vit que la goutte de sang s'était répandue, formant une rivière qui s"écoulait jusqu'au pied du dolmen, noyant de feu les joyaux.
Elle eut peur, et suivit l'amour qui la menait vers le château.
Hauteclaire

Le château avait l'air de surgir de nul part
Un palais irréel mais somptueux
La vision de cette masse blanche donnait l'impression profonde, saisissante, d'un trésor de volupté
Un long escalier semblait danser autour d'une des quatre tours
Il était orné de figures qui représentaient des puttis sortant du temple de mars
C'était un spectacle unique
Des ambres étaient incrustées dans la roche et, brillaient comme si une âme mystérieuse les habitait
On aurait dit qu'elles étaient vivantes...
Une large porte de bois terminait cet escalier
On apercevait au milieu une énorme Agathe d'un rouge vif étincelant
Gigi

L'amour entraîna la folie, lui tenant toujours la main, ses longs doigts serrant les siens avec force. Elle alla droit vers l'escalier qui montait vers la porte de bois et sa gardienne minérale. Sous leurs pieds, des joyaux de toutes couleurs, durs et doux, semblaient chanter à leur passage. La paroi de la tour blanche était de cristal translucide, et l'escalier ne faisait que l'effleurer, montant haut, toujours plus haut. Elles arrivèrent enfin devant la porte et sa pierre. L'amour posa sa main sur l'agate, et celle ci se mit à briller, comme s'éveillant d'un long sommeil. La couleur rougeoya, lançant des éclairs. Une voix se fit entendre:
Que venez vous faire en ces lieux? demandait le joyau.
Hauteclaire

Ce château accueille tous les humains, qu'ils soient esclaves ou maîtres...
Qui êtes-vous continua la voix de plus en plus menaçante
La folie sursauta, et, se cacha derrière son amant
L'amour eu un mouvement de mécontentement
Tu es lâches lança t'elle avec force
tu oses t'appeler la folie...
La folie se redressa et sentit monter en elle une colère noire
De la haine commençait à se dessiner sur son visage
Sentiment nouveau que la folie n'avais jamais ressenti
Prodige du château ou de l'amour qui se transforme au fil du temps
Elle agrippa la robe de mousseline blanche de l'amour, et, d'un geste brusque lui arracha
Qui des deux est lâche lança t'elle...
L'Agathe qui luisait d'un rouge ocre se transforma en un bleu profond presque noir
La porte s'ouvris dans un grincement sinistre
La partie semblait commencer...
Gigi

La porte s'ouvrit dans un grincement sinistre qui arrêta net la querelles entre l'amour et la folie. Elles se regardèrent, et honteuse, la folie ramassa la robe pour la tendre à l'amour. Puis, redressant la tête avec fierté, elle s'avança pour entrer la première dans le château. Un vent glacial lui souffla au visage, alors qu'elle pénétrait dans un couloir obscur. Elle sentit que l'amour la suivait, leurs deux corps se frôlant alors qu'elles marchaient pour atteindre l'extrémité du passage. Derrière elles, la porte à l'agate se referma, leur interdisant de revenir sur leurs pas. A l'autre bout, une deuxième porte qui s'ouvrit en silence. Une lumière vive succéda aux ténèbres, et elles se retrouvèrent dans une grande salle, sans fenêtres. Leurs pas glissaient sur un parquet raffiné, au plafond des lustres ruisselant de toutes leurs lumières. Aux murs des miroirs, une infinité de miroirs.
La folie vit que ce n'était pas l'amour qui la suivait...
Hauteclaire

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Chant troisième

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Dans les miroirs on aperçu une ombre...
La gueule d'un dragon se dessina lentement
Une faible lumière semblable à celles qui brillent la nuit dans les cimetières dessinait le contour de ses yeux
La folie se retourna de peur, et, l'ombre disparue
Dans chaque miroir apparu de belles filles à perdre l'âme
Leurs corps ondulaient de plaisir et de volupté
Qui étaient ces créatures aimées de l'envie et du désir
La folie restait hypnotisée face à elles
Elle s'approcha d'un miroir et, passa la main dessus
A sa grande surprise sa main le traversa et, le fit onduler comme de l'eau au creux d'une fontaine
Il se transforma en une porte
La folie eu un moment d'hésitation, et, l'ouvris
Une salle apparue
Au milieu s'entassait de l'argent à perdre raison
Des coffres qui regorgeaient d'une quantité d'or indéfinissable s'alignaient le long des murs
Gigi

Des coffres, de l'argent et des pierres précieuses à en perdre la raison. Une petite voix lui murmura à l'oreille:
-Toutes ces richesses sont à toi, à toi seule, si tu abandonne l'amour, et que tu vienne avec moi.
-Qui es-tu?
-Je suis la guerre. J'ai besoin de toi, les hommes seront à nos pieds!
La folie, épouvantée, recula brusquement, se retrouvant auprès de l'amour.
Dans les reflêts de tous les miroirs, d'autres créatures tendaient leurs bras pour l'attirer. Le pouvoir, l'envie, la haine..;
La folie pris le bras de l'amour dans ses deux mains, et la supplia:
-Partons!
L'amour sans répondre, l'entraîna vers la seconde porte.
Hauteclaire

La deuxième salle était garnie de corbeilles de perles qui ruisselaient comme du lait
La folie était éblouie par tant de pureté
Des ombres semblaient l'enlacer lentement au son d'une douce musique
Quel délice...
L'amour lui prit le bras, et, le poussa devant une fenêtre
Une lumière l'éblouie, et, devant elle apparu l'avarice
Restera tu seule avec tant de richesses ?
Ou résistera tu à l'appel de l'ivresse?
La folie secoua la tête
Un bruit léger la fit sursauter
L'amour s'était allongée sur un lit de perles
Son corps sublime rappela à la folie les nuits passées avec elle
Quels extraordinaires pouvoirs avait ce château ?
Comment pouvait-elle se détourner de sa vie?
De sa vie et de son amour?
Gigi

L'avarice à son tour lui murmurait:
"regarde ces richesses. Elles sont tiennes, veux tu les partager avec cette créature indigne de toi? Indigne d'une telle générosité? Laisse la, et viens avec moi, nous serons heureuses, et rien ne sortira de cette pièce que nous ne le désirions"
La folie regarda celle qui lui disait ces paroles tentatrices. Ses yeux noirs, sans fond, sans expression lui firent l'effet d'un puits sans fond. Elle bondit vers l'amour, l'empoigna sans ménagement pour la faire sortir de la pièce aux perles. Un instant plus tard, elles se trouvaient devant une troisième porte qu'elles ne pouvaient éviter. La folie, décidée à en finir entra d'un pas résolu, l'amour derrière elle.
Un étang se trouvait devant leurs yeux, peu profond, une couronne brillait sous l'eau, jetant mille feux. Vêtu d'or et d'acier, le pouvoir apparut.
Hauteclaire

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Chant troisième

                                                           http://image.mabulle.com/l/la/la-legende.mabulle.com/atlantide3.jpg                                          

 

 

Ce paysage était féerique
Le lac était d'un bleu intense
La folie resta un long moment devant ce pouvoir
Le soleil commençait à taper durement
Cet instant était interminable
La folie secoua la tête et se détourna de son regard
A l'arrière du lac on apercevait un large escalier de marbre rose
La folie contempla encore une fois le pouvoir
La tête commença à lui tourner...
Elle sentit soudain le frôlement de la main de l'amour
Le désir s'abattit sur elle tel un tourbillon fébrile
Gigi

Le désir s'abattit sur elle tel un tourbillon fébrile. La folie se retourna lentement vers l'amour, cherchant du regard les yeux de son amante. Elle fut éblouie par un éclat de métal. Le pouvoir avait repoussé l'amour, et se tenait près d'elle, l'armure étincelante d'or promettait toutes les richesses.
-Viens avec moi, lui dit-il. Tu pourras avoir ce que tu désire le plus, et tu pourras régner sur les mondes. Son regard était insondable, âpre et vide. La folie se détourna, apeurée, et vit que l'amour avait gravi les premières marches de l'escalier. Elle la rejoignit, ignorant les cris de rage du pouvoir. La pierre rose était douce sous leurs pieds et paraissait onduler légèrement comme un animal vivant.
Hauteclaire

Le premier pas posé par la folie sur ce marbre lui parut comme une nouvelle volupté
C'était le désir, le pays du désir
Le vent se leva avec des élans de murmures
Le deuxième pas réveilla en elle le désir qui renaissait inlassablement
Le plaisir était en elle
Elle avait l'impression de modifier l'ordre du temps
La troisième marche sur ce marbre rose et chaud distendait et prolongeait à l'infini l'instant d'avant
Le plaisir n'était plus un instant
Elle avait l'impression de marcher dans les airs
La quatrième marche la fit rentrer dans une contrée impénétrable
Gigi

La folie posa le pied sur la quatrième marche et autour d'elle le palais, ses murs et ses miroirs disparurent comme en un tourbillon.
Elle se trouvait en un lieu étrange, une jungle inextricable où des temples se dressaient, entourés par les racines d'arbres gigantesques. Nul vivant dans ce décor, seuls des animaux au regard brillant passaient, indifférents à sa présence.
Dans le fond d'un des temples une lumière brillait, une mélopée s'en échappait, douce et lancinante. Irrésistiblement attirée, la folie s'en approcha.
Hauteclaire

 

 

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Chant troisième

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Il faisait chaud et humide dans cette jungle enchanteresse
Cette musique, douce et triste à la fois, se faisait de plus en plus clair
La folie, monta le grand escalier abrupt de ce temple, et, s'avança vers l'entrée
Une forme se distinguait au fond, portant une robe de soie bleue comme l'azur
De longs cheveux noirs comme la nuit, ondulaient doucement sur ces hanches
On ne pouvait apercevoir son visage, car, il semblait caché par un masque
Douce musique enivrante mais si triste...
Gigi

La folie s'avança vers la silhouette toute de bleu vêtue. Le temple était profond, vaste. Des colonnes sculptées soutenaient une voûte hors de la vue de la folie, disparaissant dans la pénombre que les torches ne pouvaient dissiper. Le marbre le plus pur recouvrait le sol d'une couleur bleutée, la folie avait l'impression de marcher sur une vague immobile alors que ses jambes la portaient malgré elle vers l'autel ou l'attendait la créature aux longs cheveux noirs. Elle dansait lentement au rythme de la mélopée des adorateurs invisibles, car le temple était vide. Quand la folie fut près de la femme, elle vit que celle ci portait un poignard à sa ceinture.
Elle trembla.
Hauteclaire

A l'arrière de la créature on apercevait un bassin avec des marches taillées dans le marbre
Le plafond et les murs étaient habillés de miroirs
Troublée et appeurée la folie jeta un regard pénétrant à cette femme
La créature lui fit signe avec le bras d'aller dans ce bassin
Doucement, la folie s'exécuta et descendit quelques marches
Elle tâta l'eau du pied
Elle était tiède et parfumée
Sans plus attendre la folie s'y plongea jusqu'au épaules, et, défaisant son lourd chignon, laissa ses cheveux dorés flotter derrière elle
Elle se laissa ainsi dériver longuement, savourant cet instant dans sa plus grande volupté
Un clapotis se fit entendre à côté d'elle
Gigi

La folie se laissait dériver dans cette eau tiède et douce, enivrée par un parfum de fleurs, capiteux et envoûtant, sans pensées cohérentes. Un clapotis se fit entendre près d'elle, qui la força à rouvrir les yeux. Tout d'abord elle ne vit rien, éblouie par les flammes des torches du temple. Plus aucune mélopée ne venait troubler le silence profond de la nuit, et les colonnes reflétaient les lueurs dansantes sur leurs troncs sculptés d'arabesques délicates. Plus loin, dans le fond du sanctuaire, tout était plongé dans l'ombre épaisse, rampant, puis s'élevant en volutes, comme les boucles de la chevelure de la prêtresse. La folie regarda l'eau et vit l'amour se redresser, les gouttes glissant sur son corps nu comme autant de joyaux à l'éclat irisé. Ses longs doigts repoussèrent les mèches de cheveux brillants, et elle s'avança vers la folie. Elle portait le poignard incrusté de pierreries.
Hauteclaire

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Chant troisième

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A l'arrière de la créature on apercevait un bassin avec des marches taillées dans le marbre
Le plafond et les murs étaient habillés de miroirs
Troublée et apeurée la folie jeta un regard pénétrant à cette femme
La créature lui fit signe avec le bras d'aller dans ce bassin
Doucement, la folie s'exécuta et descendit quelques marches
Elle tâta l'eau du pied
Elle était tiède et parfumée
Sans plus attendre la folie s'y plongea jusqu'au épaules, et, défaisant son lourd chignon, laissa ses cheveux dorés flotter derrière elle
Elle se laissa ainsi dériver longuement, savourant cet instant dans sa plus grande volupté
Un clapotis se fit entendre à côté d'elle
Gigi

La folie se laissait dériver dans cette eau tiède et douce, enivrée par un parfum de fleurs, capiteux et envoûtant, sans pensées cohérentes. Un clapotis se fit entendre près d'elle, qui la força à rouvrir les yeux. Tout d'abord elle ne vit rien, éblouie par les flammes des torches du temple. Plus aucune mélopée ne venait troubler le silence profond de la nuit, et les colonnes reflétaient les lueurs dansantes sur leurs troncs sculptés d'arabesques délicates. Plus loin, dans le fond du sanctuaire, tout était plongé dans l'ombre épaisse, rampant, puis s'élevant en volutes, comme les boucles de la chevelure de la prêtresse. La folie regarda l'eau et vit l'amour se redresser, les gouttes glissant sur son corps nu comme autant de joyaux à l'éclat irisé. Ses longs doigts repoussèrent les mèches de cheveux brillants, et elle s'avança vers la folie. Elle portait le poignard incrusté de pierreries.
Hauteclaire

Des senteurs rares et exotiques sortaient de l'eau
L'amour entraîna la folie sur les marches et, prenant une grande serviette, la lui tendit
Essuie-toi dit t'elle
La folie s'enveloppa dans le tissu et, tordit ses cheveux
Mais, brusquement, l'amour interrompit ses gestes
D'une main, elle ôta la serviette, puis, elle étendit la folie par terre
Autour d'elles, la pièce explosait d'images à leur ressemblance
Des vagues de chaleur parcouraient la folie
Elle se sentit la proie d'une subtile sensualité, qui la faisait frémir
La folie alanguie par le plaisir, ouvrit lentement les yeux
Elle aperçut dans un miroir, le poignard qui reluisait
Gigi

La folie, voyant le reflet du poignard se redressa brusquement, serrant le linge autour de son corps. La lame brillait, reproduite à l'infini par les miroirs qui l'entouraient, menaçante. Elle ne pouvait voir quelle main le tenait, dans la pénombre qui gagnait en épaisseur. Eperdue, la folie se retourna vers l'amour, elle voulait sentir ses bras autour de ses épaules, sa peau chaude et rassurante, ses paroles douces qui lui feraient oublier sa peur. La folie était seule, l'amour avait disparu, et le temple tout entier semblait attendre et l'observer. En tremblant, la folie ramassa sa robe, se vêtit et se coula le long des colonnes ouvragées, puis ressortit dans la jungle moite. Une lune s'était levée, répandant une lumière d'argent sur les arbres, faisant miroiter leurs feuilles lisses et pointues.
Où était l'amour?
Hauteclaire

 

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Chant troisième

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L'air était calme et pur
Une forêt de palmiers et de fleurs magnifiques oscillaient sous la lune
C'était un spectacle constamment changeant qu'elle avait sous les yeux
De superbes montagnes bleues se dressaient devant elle
On apercevait une vaste grotte d'où sortait une multitude de plantes grimpantes
Un buisson odorant très grand, recouvert par des millions de roses rouges, semblait l'inviter
Le silence était tel, qu'elle n'entendait que le bruit de ses propres pas
Chaque petite feuille flétrie craquait sous ses pieds
Jamais elle n'avait ressentit encore, pareille solitude
Où était-elle?
Où était l'amour?
Un bruissement passa près d'elle
Une ombre glissa le long de la montagne
Elle était grande, vide, d'une froideur glaciale, presque sans vie
La folie se précipita dans la grotte
Gigi

La folie se précipita dans la grotte, accrochant les voiles de sa robe dans les épines du buisson de roses. Les fleurs réagirent, se tendirent vers elle comme pour la happer,les corolles délicates prirent tout à coup l'aspect de bouches voraces. Un parfum lourd l'entoura, l'invitant à se rapprocher. La folie se sentit faiblir, mais dans un dernier effort de volonté, parvint à échapper à cette emprise maléfique. Dans sa hâte elle ne vit pas l'ombre qui la guettait, derrière le buisson, et qui la suivit vers la grotte, s'arrêtant près de son entrée. La folie se trouvait à présent dans une caverne immense. Des stalagtites descendaient de la voûte, en lames aigues, resplendissant, comme les parois, de l'éclat des pierres bleues et rouges qui y étaient incrustées. La folie, fascinée, laissa son regard errer sur ces merveilles étincelantes.
L'ombre, à son tour, pénétra dans la grotte.
Hauteclaire

De ravissantes roses s'enlaçaient autour des stalactites
On aurait dit des roses de glace étincelantes
Un lac profond se dessinait à l'arrière d'un arbre mort
La folie tremblait de tout son corps
Sa robe de soie blanche en lambeau laissait transparaître son corps
Etait-ce le froid ou la peur qui la faisait grelotter
Elle s'enfonça dans la caverne
L'ombre qui la suivait apparaissait violette sur la roche
Une statue de marbre apparu devant la folie
C'était une forme humaine taillée dans la pierre blanche et claire
A ses pieds du sable bleu
Gigi

La folie regarda attentivement la statue figée dans une pose hiératique et fut épouvantée. L'amour se tenait devant elle, toute vie l'ayant désertée, le marbre froid remplaçant la chair tendre et tiède de sa compagne. Elle étendit les doigts pour toucher le bras de la statue espérant encore trouver la vie dans cette pierre aussi dure que l'acier et ne trouva que la froideur du silence. Le sable bleu se mit à briller d'un éclat insoutenable, répandant une lumière fantomatique sur les parois de la grotte, et la folie comprit, elle comprit que l'amour avait perdu tout son sang qui gisait là, en grains innombrables. L'ombre alors fondit sur elle, et lui proposa le terrible marché:
"Je rend la vie à ta compagne si tu m'appartiens"
La folie demanda faiblement:
-"qui es-tu?"
Hauteclaire

 

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Chant quatrième

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"qui es-tu?"
Toi répondis la créature... toi et le désir
Tu es pleines de désirs...et pourtant !...
Quand tu contemple sans voiles, sans ombres, toute la splendeur de cet amour, Tu sens fuir le désir...
Il n'y a pas assez d'ombres sur cette perfection
Comment peut-tu animer cette statue sous les caresses de tes mots?
Comment briser la glace qui l'enveloppe toute entière?
La folie se senti ensorcelée et pris peur
Elle regarda les yeux de l'amour d'un vert si transparents
Rien, tout de son regard était vide
Cette beauté sans défauts...
Son amour...
Sa vie...
Les yeux pleins de larmes et de haine, elle se retourna
L'ombre la regardait avec une complaisance troublante
Vient dit-elle...
Gigi

La folie suivit l'ombre, son ombre, son double, le coeur rempli de haine et de chagrin devant cet autre, si proche et si lointain. Elles quittèrent la grotte, abandonnant la statue figée de l'amour. Le sable couleur de lapis cessa doucement de briller, et les parois retombèrent dans la nuit. Dehors le vent s'était levé, la lune était voilée de nuages épais et menaçants, et déjà de stries de lumière parcouraient le ciel en zigzagant, frappant la cime des arbres de pointes enflammées. Tout près de la folies un géant s'écroula, frappé à mort, son tronc s'ouvrant tel une fleur de résine. En son centre un espace vide, un passage qui menait au centre de cette terre de mirages et de prodiges. Un souffle s'en exhalait, chaud et puissant. La folie se sentit irresistiblement attirée, et comprit en un éclair que la vie de l'amour dépendait de son audace. Elle tourna le dos à l'ombre, et pénétra dans le passage ainsi ouvert.
Hauteclaire

La folie pénétra à l'intérieur de cette brèche
Une chaleur intense s'en dégageait
De riches tapis de lin recouvraient le sol
Elle était déterminée
Elle ne voulait avoir aucune faiblesse, aucune peur
La folie sentit la tête lui tourner
Ses jambes se dérobèrent sous elle, et, chancela à terre
Elle se raidit de colère
Fuir à nouveau...?
Son existence ne serait qu'une interminable errance...
Il n'était pas question d'abandonner l'amour au milieu du danger
Un éclair de fureur traversa les yeux de la folie
Elle se releva et, continua sa route
Les tapis étaient de plus en plus soyeux
Les murs paraissaient d'or
Une irrésisitible odeur d'encens flottait autour d'elle...
Gigi

La folie marcha droit devant elle, son instinct lui disant que pour sauver l'amour il lui fallait se perdre dans les dédales de ce nouveau passage, ou mirage, comment savoir ce qui était réalité?
L'odeur puissante de l'encens lui montait à la tête, lui faisant entrevoir des ombres, puis des silhouettes et des endroits qu'elle ne connaissait pas. Les ombres prirent de la consistance, devinrent des êtres, hommes et femmes qui la regardaient passer en silence. Certains portaient des flambeaux qui illuminaient les parois d'or de reflêts écarlates. Insensiblement elle prit un chemin qu'ils lui désignaient, l'entraînant vers les profondeurs. Deux femmes l'arrêtèrent, lui présentant des vêtements, robe et manteau, richement brodés, lourds de pierreries, pour remplacer ses hardes déchirées. Comme en un rêve, elle se laissa habiller, ses cheveux coiffés et parfumés d'une senteur délicate et ambrée. Puis ainsi parée, elle reprit sa marche, pour arriver dans une salle aux proportions de géant. En son centre, une statue, l'amour!
La folie se précipita...
Hauteclaire

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Chant quatrième

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Des sources d'eau chaudes semblaient sculpter des formes d'une blancheur éblouissante
Une lampe de cuivre suspendue éclairait faiblement l'entre où elle était
La folie contemplait à présent, émerveillée, la splendide statue de l'amour
Chair nacrée et tendre, irréprochablement sculptée
La folie sentait son corps se consumer sous l'assaut de sensations neuves et enivrantes
Elle fut émerveillée par la richesse du décor
Des tapis persans aux couleurs profondes dansaient sur le sol
Dans un coin, une table basse était posée sur le bleu lumineux d'un tapis
Dans un autre, un immense lit se dressait, garni de draps de soie et d'oreillers de toutes les couleurs
Une mousseline de draperies légère tombait tout autour en cascade
Une fine robe de soie d'un or pâle semblait l'attendre...
L'odeur grisante de l'encens se répandait de plus en plus
La folie ferma les yeux
Tandis que les minutes s'écoulaient, elle sentait croître en elle une étrange excitation...
Des gouttes d'eau commençaient à perler sur la chevelure de l'amour encore figée...
Gigi

La folie regardait la statue de l'amour avec intensité, ne pouvant se rassasier de la vue de sa compagne plus belles que tous les immortels. La vie passait dans l'intensité de ce regard, et la chevelure, la peau de l'amour se couvraient de fines gouttelettes d'une sueur suavement parfumée. La statue perdait de sa rigidité, les couleurs revenaient dans les joues lisses. Les bras fins semblèrent frémir, la poitrine se soulever. Enfin, l'amour ouvrit ses yeux de pierre précieuse, transperçant la folie jusqu'au fond de l'âme. Elle fit un pas en avant,ses pieds s'enfonçant dans l'épaisseur des tapis chatoyants et les deux amantes purent se fondre en une étreinte infinie.
Hauteclaire

Les lampes de cuivres suspendues brillaient de milles feux
Tendant la main vers l'amour, la folie effleura de ses doigts son visage
Elle referma ses bras sur elle et, la serra passionnément
Elles s'abandonnèrent dans de longs soupirs
Une longue nuit de désirs et de passion s'écoula lentement
Lorsqu'elles sombrèrent dans le sommeil, les lampes de cuivres s'éteignirent lentement
La folie s'éveilla tard
Etait ce le matin ou la nuit?
Elle ouvrit les yeux, et, vit l'amour penché sur elle qui l'observait
Elle fut à nouveau saisie par la couleur lumineuse de ses yeux verts
Douce soit la nuit où je t'ai aimé à la folie
Folie de t'aimer toute la vie jusqu'au bout de la nuit
La nuit sans toi est triste et sans folie
Mais vivre sans toi me donne l'espoir
de t'aimer à jamais au delà de la vie
Gigi

L'amour et la folie se regardèrent longuement, sans prononcer une parole, sans faire le moindre geste qui eut brisé cet instant de perfection. La lumière des lampes de cuivre baissa doucement, les couleurs des tapis et des tentures commencèrent de se diluer, la pierre nue des parois se fit jour. Ne resta bientôt plus que la couche des deux amantes, perdue dans une grotte redevenue de granit. Il était temps de partir. Elles se levèrent, et se tenant par la main, retournèrent sur leurs pas. Dehors, le soleil était haut sur la jungle, et le temple déserté était envahi de ronces hérissées d'épines cruelles. Sans se retourner, elles s'engagèrent sur un chemin qui s'ouvrait parmi les arbres géants, serpentant comme une eau vive entre deux berges. Un colibri se montra, les accueillant d'un chant pur, puis les précéda sur le chemin, son plumage brillant de rubis et de calcedoine jetant des éclairs.
Hauteclaire

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Bleu de mer

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Dans la vallée des ombres, il y a mon âme,
Une fleur aux pétales bleu, qui attend le printemps
Elle attend le printemps pour s'ouvrir de lumière
Elle attend le printemps pour s'ouvrir au vent
Chaque matin, quand le soleil se lève
Chaque soir, quand il se couche
Elle s'ouvre de milles éclats de diamants
Pour voir le ciel bleu
Pour voir la vie
Pour voir l'amour
Au bord de la mer bleue
A l'ombre d'un arbre
Mon âme attend le désir

Gigi

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Chant quatrième

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Le jour semblait s'écouler comme un éclair
La folie était dans un émerveillement permanent de cette redécouverte de la volupté
Si l'amour était un bon maître, elle se révélait aussi être une élève exceptionnellement douée
L'ivresse de cette course folle dans le chemin lui fit tourner la tête
Le vent s'engouffrait dans ses cheveux et, sa robe couleur or claquait sauvagement le long de ses jambes
Toute peur oubliée, elle se sentit en sécurité avec l'amour dans ce paysage illimité
Quand, enfin, elles s'arrêtèrent au sommet d'une colline, l'amour contempla la folie, et, la trouva plus belle et désirable que jamais
Gigi

L'amour regardait la folie, et se dit qu'elle n'avait jamais été aussi belle. Elle pressa sa main dans la sienne, et lui dit:
"Viens, il est temps de rentrer chez nous". D'un signe de tête, la folie acquiesça, et toutes deux se mirent en route, redescendant la colline, laissant le temple loin derrières elles. Le chemin était verdoyant, les fleurs tendaient leurs corolles sur leurs pas, répandant un parfum frais et doux. Le colibri refit son apparition, voletant devant les compagnes, semblant vouloir montrer le chemin. L'amour étendit la main, et le gracieux oiseau vint se poser sur les longs doigts. Elles s'en amusèrent, échangeant des sourires, lorsque la petite créature leur parla:
"je suis le messager"
Hauteclaire

La folie tourna la tête vers l'amour et, l'interrogea
Qu'allons-nous faire? et, qui a envoyé ce messager?
L'amour se détacha de la folie et, regarda de plus près cet étrange oiseau
La sobriété et l'élégance de ses plumes, ravissait ses yeux
Je viens d'un désert sans un arbre, sans une herbe continua l'oiseau
L'amour contempla un instant le visage anxieux de la folie
C'est mon pays, finit l'oiseau...
Le pays de l'inconnu...
Suivez-moi
La folie baissa la tête, en proie à des sentiments confus
L'amour se retourna vers elle et lui dit d'un ton impérieux
Il faut accepter
La folie fronça les sourcils...
Gigi

La folie dut se résigner à suivre l'amour qui s'était déjà mise en route, suivant l'oiseau. Il avait reprit son vol, les entraînant le long du chemin, vers le sommet de la montagne, plus haut, toujours plus haut!
La végétation se fit clairsemée, le terrain plus aride. L'oiseau, de temps à autre s'arrêtait sur une branche infime, émergée d'un buisson maigre et poussiereux, puis il reprenait son vol vers un ailleurs.
Enfin, la crête de la montagne fut franchie. L'autre versant descendait, abrupt, vers une étendue jaune, du sable à perte de vue, sans une ombre pour l'interrompre, sans un nuage pour masquer le soleil.
Hauteclaire

 

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Rivage

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Je suis apparemment au bout du monde, puisque, marchant tout droit devant moi, la terre vient à me manquer tout à coup. En vérité, c'est l'océan qui m'arrête, le grand flot vert, frangé de mousse blanche, que le courant chaud nous envoie des Antilles pour se pâmer tout écumant de plaisir sur le sable d'or d'une grève sans fin. Au delà de la mer tranquille, dont la grondante caresse de bête heureuse vient jusqu'aux vignes du jardin sous ma fenêtre, une ligne bleue dentelée m'indique l'île de ré fermant le pertuis breton. Des voiles immobiles de pêcheurs, empourprées du soleil levant, blanches sur le flot sombre, noires sur le lait bleuissant de la mer lumineuse, incertaines formes grises d'horizon embrumé, attestent l'homme sur l'immense étendue.
Des hommes se contentent de pêcher dans le sable ou les rochers des palourdes ou navaillons de la baie de fromentine, pignons de saint-jean-de-monts, crevettes roses de sion, de croix-de-vie et de la sauzaie, berniques et boucots sur toute la côte
Cette jolie citée dont les murs d'un blanc net vibrent, l'été, dans une lumière toute sicilienne est la mienne.

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chant quatrième

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 Soudain, à l'horizon, une montagne noire s'éleva devant leurs yeux
Des dunes blondes semblaient danser, et, disparaître le long de ses roches
Arrivées au pied de la montagne, la folie releva ses longs cheveux blonds sur sa tête, et, regarda autour d'elle
Des falaises d'une beauté inégale se dressaient devant-elle
Derrière, on apercevait de grands espaces désertiques
Les ruines d'un château semblaient s'évaporer à la lueur du soleil
Un vent de solitude commençait à souffler, quand, dans un bruit terrible une porte s'ouvris dans la roche
L'oiseau s'engouffra à l'intérieur
Du haut de cette montagne se dessina une ville de pierres et d'argile qui semblait s'accrocher aux parois
L'amour pris la main de la folie, et, l'entraîna vers l'entrée
Un masque d'un bleu intense était accroché le long d'une paroi
Gigi

L'amour et la folie entrèrent dans le passage ainsi crée dans le flanc de la montagne. Il était sombre, éclairé de torches flambant de loin en loin. L'amour s'arrêta devant le masque de lapis lazuli suspendu au mur, le fixant avec intensité.
"Que venez vous faire en ces lieux?" demanda la bouche immobile
"Un messager est venu jusqu'à nous" répondit l'amour,
"Nous devons le suivre et découvrir ce pays".
-"Les périls y sont grands" reprit la voix sans visage,
"Si vous vous y engagez, vous ne pouvez être sures d'en revenir un jour"
"Il le faut"
"Alors passez sans crainte".
L'amour et la folie avancèrent, derrière elles, la montagne se referma sans un bruit. Une larme roula sur la joue de pierre bleue. La folie étendit les doigts, et recueillit un diamant bleu dans la paume de sa main.
Hauteclaire

 

 

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chant quatrième

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Cette pierre brillait de mille éclats
Elle était mystérieuse et prodigieuse
La folie était comme hypnotisée
Ce bleu de la nuit dégageait un pouvoir de séduction
Un pouvoir sur l'avenir...
Elle était pure
Diamant de l'amour
Diamant de l'éternité
L'amour plongea son regard au milieu de la pierre, et, entrevit son avenir...
Elle sursauta, et, jeta le diamant par terre
La folie incrédule la regard
Une lueur fine commença à envahir la caverne
Gigi

La folie se pencha, ramassant la pierre qui avait roulé au sol. La couleur bleue étincela, envahissant toute la caverne d'un reflet de saphir. A son tour la folie voulu plonger son regard dans les profondeurs de la gemme, quand l'amour lui saisit la main, refermant les doigts sur le joyau.
-"ne regarde pas" lui dit-elle.
-"Pourquoi? "
-"Cette pierre est maudite. Elle te montrera ce que tu veux y voir, ou ce que tu redoutes. Pas la réalité. Rends la au gardien"
La folie s'approcha du masque, présentant la pierre sur la paume de sa main. Elle redevint liquide, remontant jusqu'à l'œil et disparaissant.
-" Qu'as tu vu?" demanda la folie à l'amour?"
-"Des chimères".
Elle s'éloigna, suivant l'oiseau messager
Hauteclaire

Cette chimère ressemblait à la folie avec sa crinière dorée
Quelle diablerie lui réservait cette vision...
Elles avançaient toujours, prudemment, en prenant garde de ne pas trébucher sur d'innombrables pierres très glissantes.
L'entrée passée, une salle, au fond de laquelle, une succession de roches ocre formait un joli palier
La lumière semblait filtrer à travers les parois
Une sensation très désagréable fit frissonner l'amour
Quelques lampes rouges allumées évitaient d'avancer dans l'obscurité du néant
Dans un rocher, un visage fixait la folie
Une douce chaleur se dégageait d'un vase bleu turquoise
L'amour, ressentait de plus en plus la froideur de cet espace
Il devenait de plus en plus sinistre à ses yeux
Sinistre et diabolique
Elle eux un moment d'hésitation
Elle regarda autour de cette salle, si un passage de sortie existait
Une infime lumière verte attira son regard
Gigi

L'amour eut un moment d'hésitation en voyant cette lueur d'émeraude, quel piège pouvait-elle cacher? Puis elle se saisit de la main de la folie, et toutes deux, résolument allèrent vers cette lumière. Derrière elles, le visage sembla se fondre dans la roche, sans laisser la moindre trace, pendant que la douce fragance qui s'échappait du vase turquoise se transformait en une épaisse fumée nauséabonde.
Les deux compagnes se faufilèrent dans un étroit passage, baigné du reflêt de jade, la roche se refermant derrière elles, leur interdisant de retourner sur leurs pas. Un air frais leur balaya le visage, une ouverture vers l'extérieur devait se trouver plus loin. Elles se précipitèrent, pour se trouver devant un mur de glace épaisse, dans lequel, parfaitement visible, elles virent l'oiseau messager emprisonné, les ailes ouvertes, en plein vol.
Hauteclaire

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Chant quatrième

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Le froid se faisait sentir de plus en plus
Un sentiment de solitude commençait à se faire sentir
Pourquoi cet oiseau aux mille couleur avait-il été emprisonné au milieu de ce labyrinthe de glace
La folie contemplait cette image tel un tableau imaginaire qui sortait d'un rêve
Une plume d'un bleu profond semblait flotter au-dessus d'un lac d'un gris cendré
A côté d'elle une feuille de glace semblait flotter telle une bulle de cristal orange et jaune
Des rainures rouges semblaient l'attirer au-delà de ce havre de paix
L'amour commençait à grelotter
Quel était encore ce gouffre blanc de l'âme
Elle avait l'impression d'avancer vers une banquise de verre
Une force invisible et glacée attira la folie à elle
En une fraction de seconde elle enlaça son corps sur cette pente de blancheur, telle un flocon fluide
Elle se laissa emporter
Des cristaux de glace commençaient à tomber sur l'amour
Gigi

L'amour étendit les bras pour tenter de retenir la folie qui se laissait emporter vers le mur de glace. Ce qui l'entraînait était invisible, mais une ombre se dessina sur la blancheur de la muraille. L'ombre était formidable, et commençait de se fondre dans la transparence gelée, emmenant la folie avec elle. Les cristaux tombaient tout autour de l'amour, formant au sol un tapis miroitant et tranchant. La plume couleur lapis lazuli finit sa chute vers l'eau grise, comme au ralenti, et celle ci l'engloutit, sans qu'aucune trace n'en reste. La folie était presque tout entière entrée dans la glace, quand l'amour, trouvant la force de réagir bondit, et entourant sa taille de ses bras, la tira en arrière, l'arrachant aux mains de l'ombre. Elle ressentit une douleur cuisante et vit que la chair tendre des bras était zébrée de coupures. La sang s'écoula, éclatant en mille facettes sur les cristaux immaculés. Elles restèrent là, serrées l'une contre l'autre, haletantes, quand l'ombre poussa un grondement sourd et terrible, avant de disparaître, s'évanouissant lentement.
A ce moment, le mur de glace se mit à fondre, répandant une eau argentée.
hauteclaire

Dans un bruit effarant, un escalier sorti de cette eau
Il était tout de fer vêtu, et, semblait monter à l'infini, comme dans un tourbillon d'argent
Les gouttes d'eau qui tombaient se rassemblaient pour former des cristaux de plus en plus magnifiques
L'argent et l'or, se disputait l'horizon
Quelle merveille !
L'eau commençait à former une marre, ou, l'on apercevait des ombres qui nageaient gracieusement
Un chaos de rochers laissait filtrer une douce rivière d'argent
Les eaux commençaient à bouillonner autour de cet amoncellement de cailloux aux formes bizarres
Une mince rambarde de fer permettait de monter ce majestueux escalier
La folie et l'amour posèrent en même temps un pied sur ce colimaçon
Dans un vacarme assourdissant, la caverne se rempli d'eau
Cet escalier improvisé conduisis très vite l'amour et la folie vers un pont rouge
A sa gauche, un sentier sinueux pouvait les mener vers un lit de pierre ocre
On apercevait des silhouettes aux longs cheveux d'or danser sous la clarté de la lune...
Gigi

L'amour et la folie étaient arrivées tout en haut de l'escalier et s'arrêtèrent pour reprendre leurs souffles. Elles regardèrent en bas la caverne qu'elles avaient abandonnée l'instant d'avant, et qui était à présent noyée. le mur de glace avait fondu, l'argent se déversait en ondes furieuses, illuminant les parois, remontant les premières marches de l'escalier. Un éclair bleu passa devant les deux compagnes, attirant leur attention. L'oiseau messager était libéré et avait repris son vol, les dirigeant vers le pont de laque rouge. Elles le traversèrent, pendant que l'escalier sombrait dans les flots déchaînés. De l'autre côté, sur le chemin, des topazes irradiaient de leur éclat d'or, et les silhouettes entre aperçues en étaient recouvertes.
L'oiseau volait, loin, toujours plus loin.
Hauteclaire

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chant cinquième

                                                               http://image.mabulle.com/l/la/la-legende.mabulle.com/folie.jpg

 

Des topazes de toutes les couleurs ornaient le lit de pierres
Des citrines ovales transparentes comme l'eau se dressaient à l'arrière
De larges rainures oranges étaient emprisonnées à l'intérieur des joyaux
Milles teintes solaire semblait éclairer cet endroit merveilleux
L'oiseau bleu se posa sur un rocher
Une chaleur se dégageait puissante et étouffante
Un chemin de Tanzanites bleu nuit commençait à se former au pied de l'amour et de la folie
La folie sans hésitation courue sur cette rivière bleue
A chacun de ses pas les pierres se transformaient en rouge
Elle devenait de plus en belle
Une robe d'olivines apparut sur elle
Une ceinture de perles rouges tombait en cascade sur ses hanches
Ces cheveux dorés flottaient au rythme d'une légère bise
Elle se retourna
Vient dit-elle
L'amour resta interdite devant une telle beauté
L'écrasante chaleur donnait l'illusion d'un mirage
Les créatures aux cheveux d'or invitèrent la folie à danser au rythme de la douce lumière
Elles étaient toutes plus belles et chatoyantes les unes que les autres
Mais, une seule faisait fondre l'amour de désirs et d'envie...
La folie scintillait de tous les feux de l'étoile rougeâtre qu'elle portait à la ceinture
Une odeur de bois de santal commença à se répandre...
Gigi

L'amour regardait la folie danser au milieu des femmes aux cheveux blonds, faisant virevolter les pierres de sa robe, en éclairs de couleurs étincelantes, où l'or se le disputait à l'écarlate de sa ceinture. Elle riait de plaisir, pendant que l'amour, éperdue voyait sa compagne lui échapper. Celle ci se tourna alors vers elle, lui faisant signe de la rejoindre dans cette danse extatique. L'amour fit quelques pas mais fut devancée par l'oiseau d'azur qui se mit à voleter au dessus du groupe. Une poussière dorée, légère comme une ombre, tomba de ses ailes déployées, et les créatures semblèrent fondre, s'évanouir dans l'air, leur silhouettes pâlissant jusqu'à disparaître totalement, laissant la folie seule. Elle s'arreta de danser, ses bras retombèrent le long de son corps, et elle eut l'expression fugitive qu' a le dormeur qui s'éveille d'un long sommeil. Elle regarda l'amour avec des yeux agrandis, sans la reconnaître un instant, puis se précipita dans ses bras en pleurant:
-"Je croyais que nous étions rentrées chez nous".
-"Viens" lui dit l'amour, en lui désignant l'oiseau. Les tanzanites brillaient de leur éclat mauve, les invitant à suivre ce chemin de merveilles.
Hauteclaire

La chaleur se faisait de plus en plus étouffante
Soudain, l'oiseau bleu vint se poser près de la folie
Dans un tourbillon d'éclairs apparu une silhouette massive d'une extraordinaire séduction
Son regard était d'une intensité puissante
La folie détourna les yeux de l'amour, et, croisa le regard de cet homme
Elle ressentit une brève excitation
Perdu dans ses pensées, elle ne s'était aperçue que la silhouette s'était approchée d'elle
Cette présence dans la pénombre commençait à énerver ses sens
Comme un vent du désert, l'homme mis ses bras autour d'elle
Cette étreinte se fit de plus en plus exigeante...
La folie commençait à connaître une totale fusion de son être
Gigi

La folie se détacha lentement des bras de l'amour, attirée irrésistiblement pas l'ombre devenue réalité. Il plongea son regard dans le sien, et la folie vit que les tanzanites lui avaient donné leur couleur, minérale et fascinante. Il l'entraîna dans un dédale de passages, dont les murs étaient sculptés de statues de marbre rose, aux yeux vivants dans l'immobilité de la pierre. Ces yeux les regardaient, l'expression farouche et âpre, chargée de jalousie. La folie ne les vit pas, plongée dans son rêve en suivant l'homme-ombre. Il arrivèrent finalement dans une alcove merveilleuse, drapée de soieries vertes et or, ou le jade le disputait au diamant. Une main sortit du mur, tendit un flambeau qui s'alluma, éclairant d'une lueur douce et dansante la pièce étroite. Ombre se retourna vers la folie, la prenant dans ses bras, les prunelles violettes traversées d'éclairs de passion.
Hauteclaire

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