Chant second

Les soupirs des deux amants montaient vers le ciel, comme une fumée bleutée, qui se mélangeait aux nuages. Le jour se levait, déjà une pointe de rose parait l'horizon, au dessus des montagnes vertes. Un trait de lumière courait le long de la paroi verticale, sur le sol, pour finir par atteindre la couche de la folie, éclairant son front d'une lueur rouge. Elle se redressa brusquement, aucune trace de l'envie, et pourtant, elle pouvait encore sentir la chaleur de ses bras autour d'elle. L'amour gémit un peu dans son sommeil, sans se réveiller. La folie se leva sans bruit, et s'avança pour regarder l'aube. Avait-elle rêvé?
Hauteclaire
Ce rêve la torturait
Cette nuit n'était pas une nuit comme les autres
Elle avait savouré chaque minute sans hâte, sans violence, en toute plénitude...
Le plaisir donné l'un à l'autre était éphémère et irréel
La folie contempla la beauté de l'amour encore endormi
Elle était toujours vêtue de son vêtement de soie blanche
On pouvait deviner sa splendide nudité
La lueur rose s'intensifiait à l'horizon
La montagne semblait s'évaporer dans un mélange de vert et de turquoise
La folie ferma les yeux
Ses rêves les plus fous, les plus intenses l'envahirent d'une douce plénitude
L'amour se réveilla
Leurs regards se croisèrent
La folie fut à nouveau saisie par la couleur lumineuse de ses yeux verts...
la réalité était en face d'elle...
Gigi
la réalité était en face d'elle , mais quelle réalité ? l'arbre qu'elle voyait n'était pas celui que voyait l'Amour puisqu'elle n'était pas à sa place ...la réalité n'est jamais la même selon l'angle sous laquelle on la regarde ...C'est ainsi
qu' insidieusement Folie vit s'approcher d'elle les Erinnyes , ces trois gardiennes de l'ordre strict ,raisonnable et sans amour , sombres et puissantes ,nées du sang d' Ouranos Elles se présentèrent à Folie en des cris douloureusement aigus et stridents .:"nous sommes Alecto , Tisiphone et Mégère" ...elles tenaient dans leurs mains des flambeaux et des fouets . Leur tête était recouverte de serpents ,dont les reflets phosphorescents fascinaient Folie de sorte qu'elle ne pouvait détacher son regard ni réaliser le danger qui la guettait .Elles s'approchaient doucement de Folie en quête du crime d'amour rarement châtié de mort et pour lequel le monde était plein d'indulgence Quand elles furent à moins d'un mètre de Folie , celle-ci prit peur et arracha des mains de mégère le plus terrible fouet qu'aucun mortel n'ait jamais vu . Obéissant aux ordres des voix terribles qui lui vrillaient la tête jusqu'à l'en faire hurler ,elle s'acharna sur l'Amour endormi , puis épuisée retomba brusquement sur le sol.....Quand elle revint à elle , les Errinyes avaient disparu , seule gisait prés d'elle , ensanglantée , l'Amour décapité .....Au dessus d'elles, dans un bruissement de feuillage caressé par le vent , un rossignol chantait ....
Lulubelle
La Folie, épouvantée par ce qu'elle venait de faire, se couvrit le visage de ses mains tremblantes, lâchant l'arme qui roula sur le sol recouvert de feuilles rougies du sang de l'Amour. Le chant de l'oiseau seul troublait le silence, un calme tel l'entourait, qu'elle se sentit obligée de regarder. Ses doigts retombèrent, offrant son visage ravagé de larmes aux rayons du soleil levant, radieux et chauds. Son regard se porta malgré elle sur le corps de sa compagne. L'arme, le sang, avaient disparu, et l'amour lui souriait paisiblement, les prunelles encore assombries de sommeil. La folie fut encore saisit par la couleur lumineuse de ses yeux verts. Elle étendit la main vers la Folie, qui s'en saisit, tombant à genoux près d'elle. Sur son cou, trace infime, une goutte de sang perlait, tâchant l'albâtre de la peau. Quel était ce prodige ? La rose voisine ? La Folie avait elle commis ce crime, ou les dieux lui avaient ils envoyé un message ? N'était ce pas plutôt sa propre nature qui s'était révélée dans toute sa sauvagerie ? L'amour se leva, tenant toujours sa main, étroitement serrée dans la sienne. « Viens » lui dit elle. La montagne semblait se diluer dans l'air vibrant de chaleur, laissant deviner derrière elle une mer magnifique. D'un pas égal, elles se dirigèrent vers l'écume bondissante et légère.
Hauteclaire
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souffledame dit | Vraiment j'appécie beaucoup ces textes écrits en duo. J'arrive à ressentir les émotions décrites, passionnel lien. |
Merci Souffle, de venir nous lire et d'aimer ce que nous faisons.
Amitiés |







