Chant troisième

A l'arrière de la créature on apercevait un bassin avec des marches taillées dans le marbre
Le plafond et les murs étaient habillés de miroirs
Troublée et apeurée la folie jeta un regard pénétrant à cette femme
La créature lui fit signe avec le bras d'aller dans ce bassin
Doucement, la folie s'exécuta et descendit quelques marches
Elle tâta l'eau du pied
Elle était tiède et parfumée
Sans plus attendre la folie s'y plongea jusqu'au épaules, et, défaisant son lourd chignon, laissa ses cheveux dorés flotter derrière elle
Elle se laissa ainsi dériver longuement, savourant cet instant dans sa plus grande volupté
Un clapotis se fit entendre à côté d'elle
Gigi
La folie se laissait dériver dans cette eau tiède et douce, enivrée par un parfum de fleurs, capiteux et envoûtant, sans pensées cohérentes. Un clapotis se fit entendre près d'elle, qui la força à rouvrir les yeux. Tout d'abord elle ne vit rien, éblouie par les flammes des torches du temple. Plus aucune mélopée ne venait troubler le silence profond de la nuit, et les colonnes reflétaient les lueurs dansantes sur leurs troncs sculptés d'arabesques délicates. Plus loin, dans le fond du sanctuaire, tout était plongé dans l'ombre épaisse, rampant, puis s'élevant en volutes, comme les boucles de la chevelure de la prêtresse. La folie regarda l'eau et vit l'amour se redresser, les gouttes glissant sur son corps nu comme autant de joyaux à l'éclat irisé. Ses longs doigts repoussèrent les mèches de cheveux brillants, et elle s'avança vers la folie. Elle portait le poignard incrusté de pierreries.
Hauteclaire
Des senteurs rares et exotiques sortaient de l'eau
L'amour entraîna la folie sur les marches et, prenant une grande serviette, la lui tendit
Essuie-toi dit t'elle
La folie s'enveloppa dans le tissu et, tordit ses cheveux
Mais, brusquement, l'amour interrompit ses gestes
D'une main, elle ôta la serviette, puis, elle étendit la folie par terre
Autour d'elles, la pièce explosait d'images à leur ressemblance
Des vagues de chaleur parcouraient la folie
Elle se sentit la proie d'une subtile sensualité, qui la faisait frémir
La folie alanguie par le plaisir, ouvrit lentement les yeux
Elle aperçut dans un miroir, le poignard qui reluisait
Gigi
La folie, voyant le reflet du poignard se redressa brusquement, serrant le linge autour de son corps. La lame brillait, reproduite à l'infini par les miroirs qui l'entouraient, menaçante. Elle ne pouvait voir quelle main le tenait, dans la pénombre qui gagnait en épaisseur. Eperdue, la folie se retourna vers l'amour, elle voulait sentir ses bras autour de ses épaules, sa peau chaude et rassurante, ses paroles douces qui lui feraient oublier sa peur. La folie était seule, l'amour avait disparu, et le temple tout entier semblait attendre et l'observer. En tremblant, la folie ramassa sa robe, se vêtit et se coula le long des colonnes ouvragées, puis ressortit dans la jungle moite. Une lune s'était levée, répandant une lumière d'argent sur les arbres, faisant miroiter leurs feuilles lisses et pointues.
Où était l'amour?
Hauteclaire
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Mona dit | Le plaisir de relire les fabuleuses aventures.. |
Bonjour ou rebonjour Mona,
vous avez raison, ici la lecture est favorisée, et l'on peut à loisir, aller, venir et revenir, d'un bout à l'autre de cette bulle amicale.
Merci à vous. |







