Chant quatrième

Le jour semblait s'écouler comme un éclair
La folie était dans un émerveillement permanent de cette redécouverte de la volupté
Si l'amour était un bon maître, elle se révélait aussi être une élève exceptionnellement douée
L'ivresse de cette course folle dans le chemin lui fit tourner la tête
Le vent s'engouffrait dans ses cheveux et, sa robe couleur or claquait sauvagement le long de ses jambes
Toute peur oubliée, elle se sentit en sécurité avec l'amour dans ce paysage illimité
Quand, enfin, elles s'arrêtèrent au sommet d'une colline, l'amour contempla la folie, et, la trouva plus belle et désirable que jamais
Gigi
L'amour regardait la folie, et se dit qu'elle n'avait jamais été aussi belle. Elle pressa sa main dans la sienne, et lui dit:
"Viens, il est temps de rentrer chez nous". D'un signe de tête, la folie acquiesça, et toutes deux se mirent en route, redescendant la colline, laissant le temple loin derrières elles. Le chemin était verdoyant, les fleurs tendaient leurs corolles sur leurs pas, répandant un parfum frais et doux. Le colibri refit son apparition, voletant devant les compagnes, semblant vouloir montrer le chemin. L'amour étendit la main, et le gracieux oiseau vint se poser sur les longs doigts. Elles s'en amusèrent, échangeant des sourires, lorsque la petite créature leur parla:
"je suis le messager"
Hauteclaire
La folie tourna la tête vers l'amour et, l'interrogea
Qu'allons-nous faire? et, qui a envoyé ce messager?
L'amour se détacha de la folie et, regarda de plus près cet étrange oiseau
La sobriété et l'élégance de ses plumes, ravissait ses yeux
Je viens d'un désert sans un arbre, sans une herbe continua l'oiseau
L'amour contempla un instant le visage anxieux de la folie
C'est mon pays, finit l'oiseau...
Le pays de l'inconnu...
Suivez-moi
La folie baissa la tête, en proie à des sentiments confus
L'amour se retourna vers elle et lui dit d'un ton impérieux
Il faut accepter
La folie fronça les sourcils...
Gigi
La folie dut se résigner à suivre l'amour qui s'était déjà mise en route, suivant l'oiseau. Il avait reprit son vol, les entraînant le long du chemin, vers le sommet de la montagne, plus haut, toujours plus haut!
La végétation se fit clairsemée, le terrain plus aride. L'oiseau, de temps à autre s'arrêtait sur une branche infime, émergée d'un buisson maigre et poussiereux, puis il reprenait son vol vers un ailleurs.
Enfin, la crête de la montagne fut franchie. L'autre versant descendait, abrupt, vers une étendue jaune, du sable à perte de vue, sans une ombre pour l'interrompre, sans un nuage pour masquer le soleil.
Hauteclaire







