chant huitième

Derrière eux la forêt s'évanouit dans une brume froide qui se dilua dans l'air doré d'un soleil levant victorieux. Il ne restait rien des arbres cachant en leurs ombres les mirages de la tentation perfide. A la place, s'étendait une plaine douce, où miroitait un cours d'eau. La folie sentit le besoin de s'y reposer et de goûter la fraîcheur de l'onde pure. La cavalier lui murmura à l'oreille :
_ La tentation sait prendre bien des visages trompeurs.
La folie, percevant le piège, détourna le regard, abandonnant les maléfices fourbes.
Devant eux, un désert d'une absolu blancheur brillait sous un soleil implacable, ardent et pâle.
_ Le désert de la solitude, dit le cavalier,
ceux qui entrent dans son étendue ne sont pas surs d'en sortir un jour. Ils doivent affronter leur image sans fard, renvoyée par les grains de sel du sol, et plus d'un esprit ne résiste pas à ce miroir.
Il lui désigna une oasis, havre ultime avant le désert, étendant l'ombre de ses arbres sur un petit lac d'un bleu intense qui reflétait le ciel d'un azur sans défaut.
_ Reposons-nous là. La traversée sera rude et âpre, et la solitude offre ce dernier moment de calme à ceux qui entreprennent de la traverser.
Sans un mot, la folie suivit le cavalier, qui la mena au cœur de l'îlot de verdure.
Le palefroi, pencha sa tête noble pour boire de l'eau bleue, secouant sa crinière. Des éclats de diamant en tombèrent, se déposant au fond du lac, qui se mit à luire d'un éclat jusque là inconnu.
Le cavalier déposa au sol la couverture qui avait protégé le dos de sa monture, et peu à peu, retira les pièces de l'armure, une à une, avant de s'étendre ainsi dévêtu sur le tissu épais et soyeux. Il tendit une main à la folie, l'invitant à le rejoindre sur cette couche improvisée, la fixant de son regard d'émeraude.
La folie se sentit entraînée sans pouvoir lutter vers cet abîme de passion qui se révélait, désirant plus que tout la chaleur du courage contre elle, qui ferait peut-être disparaître le désert qui guettait. Elle s'étendit sur l'étoffe brodée d'or et ferma les yeux quand le cavalier referma ses bras sur son corps.
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souffledame dit | J'aime bien le dernier paragraphe de ce texte. Les sentiments ressortent bien et nous emmènent dans l'imaginaire des rèves. |
Hauteclaire dit | Le rêve, puissant moteur de l'inspiration.
merci Souffle, de cette appréciation. |







