La légende de l'amour et la folie: chant dixième

La folie ressortit, pour se retrouver devant la porte du jardin des fleurs de diamant. Le masque avait les yeux fermés, et ne lui parla plus. Il n’y avait plus trace du visage de l’amour, aussi la folie s’éloigna t-elle, le cœur lourd. Elle s’aperçut qu’elle avait parcouru presque tout le couloir où s’ouvraient les portes. Y en avait-il si peu ? Quand elle était entrée, il lui avait semblé que les portes et les masques s’étendaient à perte de vue, et là, il ne restait plus qu’un.
La folie se sentait terriblement fatiguée, pourrait-elle retrouver l’amour en ces lieux, au beau milieu de la ville de fer ? Elle se traîna jusqu’à la dernière porte, devant le masque qui l’ornait.
Celui là était fait d’or et de lapis lazuli, le visage qu’il
montrait celui de la jeunesse, dans
toute sa dureté. Il ouvrit lentement les yeux, montrant des prunelles de jais.
- Que viens-tu faire en ce domaine ? Demanda le masque
- Je cherche mon amour.
- J’ai vu tant de ceux qui ont dit chercher leur amour, soupira le masque.
- Entre si tu veux ! Si tu l’oses.
La porte s’ouvrit lentement, révélant un paysage de ville
noyé d’une foule inextricable. Des gens étaient là, qui marchaient, l’air
affairé, allant et venant la mine âpre et dure. La folie fit un pas, et se
retrouva dans le courant de la multitude, poussée et bousculée. Elle se mit en
marche, suivant le flot humain, regardant les visages, tentant de retrouver
l’amour dans chacun d’entre eux. Plusieurs fois elle crut le reconnaître,
courant vers lui, et devant toujours admettre son erreur.
Elle tenta de demander :
- Où allons-nous ?
- Qui peut savoir ?
- Il faut avancer, pour pouvoir atteindre la célébrité. Si
tu t’arrêtes, tu sombres dans l’oubli.
Les rues les unes après les autres, toutes différentes, et pourtant toutes
pareilles. De temps à autre, l’un d’eux s’extrayait de la masse et montait sur
l’une des scènes qui bordaient les rues, parlant à la foule sourde.
La folie traversa la ville de la célébrité comme en un rêve, sans tenter de prendre possession d’une des scènes où se battaient ceux qui désiraient y briller. Elle fut repoussée le dos contre la porte d’un immeuble, et le battant céda derrière elle. Il faisait sombre, et la rumeur ne parvenait que faiblement. Sur le métal le même masque qui l’avait laissé entrer.
Hauteclaire
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Louise dit | Bonjour, |
Hauteclaire dit | Merci Louise,
c'est un grand plaisir que de vous lire!
Bon courage pour les examens
Amitiés et bisous |







