L'amour et la folie: chant douzième

Le destrier avançait lentement dans ce monde tout de fluidité et de transparence.
La route s’étendait, droite et parfaite, paraissant infinie dans la lumière de jade.
Comment pouvaient-ils vivre au sein de cette onde ? La pensée traversa brièvement l’esprit de la folie, quand elle leva les yeux vers la surface lointaine.
De l’eau, une infinité d’eau pour les entourer comme le ferait un vêtement ajusté.
Elle esquissa un mouvement de la main qui lui parut comme un rêve de geste.
Le cavalier enserra sa taille de son bras, la pressant contre lui avec fougue.
La folie s’appuya contre la poitrine dure, s’abandonnant dans son étreinte.
Ses cheveux se défirent, flottant librement autour de sa tête, tels des plantes marines aux reflets d’or en fusion.
Autour d’eux des créatures passaient, tranquilles et indifférentes, qui auraient dû les voir ; et les frôlaient sans
paraitrent comprendre leur présence.
La route s’étendait, droite et interminable, immuable et monotone.
Vers quoi les emmenait-elle ?
Enfin une ombre se dessina, loin sur l’horizon mouvant.
Une illusion ?
Ils s’approchèrent et devinèrent une porte massive.
L’eau tourbillonnait à cet endroit, créant des mirages aux sens secrets.
Le cheval se cabra, puis baissant la tête, prit un galop que nul ne pouvait arrêter.
Dans un fracas de tonnerre, la porte s’ouvrit.
Hauteclaire







