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Gigi et Hauteclaire

la légende de l'amour et la folie

Nous vous invitons à une rêverie poétique, écrite à deux plumes, à la manière antique. Gigi et Hauteclaire

L'amour et la folie: chant onzième

Samedi 14 Juin 2008, 10:00 GMT+2par Gigi et Hauteclaire

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La folie considéra longuement le masque impassible sur la porte qui s’était refermée. Les yeux demeuraient clos sur les prunelles noires et pas un mot ne sortit de la bouche de pierre précieuse. Que devait-elle faire à présent ? Retourner dans la rue, errer parmi tous ceux qui s’efforçaient d’obtenir les bonnes grâces de la célébrité ? Elle ne retrouverait pas l’amour parmi eux. Un courant d’air léger flotta sur sa nuque, la faisant frissonner.
Elle tourna le dos au masque, regardant où elle était. Devant elle, une autre porte s’ouvrait, symétrique. Elle était entrebâillée, derrière une vive lumière, comme une tache d’or, coulait sur le sol, semblable au miel en fusion. La folie se sentit irrésistiblement attirée par la couleur ambrée qui palpitait dans l’air doux.

Elle avança, hypnotisée, ayant oublié sa fatigue et son chagrin de ne pouvoir retrouver l’amour. Après quelques pas, elle se trouva devant l’ouverture qui s’élargit devant elle  sur un paysage idyllique. Une plage s’étendait à perte de vue, faite de sable pâle, bordant une mer d’un bleu de saphir. Il faisait nuit et une lune énorme et ronde, se levait éclairant de ses rayons dorés l’eau immobile. Son reflet était si parfait dans l’étendue marine, que l’espace d’un instant la folie ne sut où était l’astre, ni laquelle des deux sphères était un miroir.

Imperceptible, une ride courut sur l’eau, qui troubla la quiétude sélène, et la folie put voir une ombre se profiler sur le sable. Une ombre à peine visible d’abord, puis de plus en plus nette. Un cheval, et près de lui un cavalier, son cavalier !

Etouffant un cri de joie, la folie bondit en avant, laissant la porte se refermer bruyamment derrière elle. Ses pieds aériens ne laissèrent qu’une trace infime dans le sable, qui s’effaçait à peine était-elle passée. Elle courut, appelant le cavalier, qui continuait de s’éloigner sous la clarté de cuivre. Il était si loin ! et pas un de ses appels ne semblaient l’atteindre.
Hors de souffle, la folie s’arrêta, et supplia :

- Je t’en prie, ne me laisse pas dans cette ville de perdition. Sauve-moi !

A ces mots, l’ombre lointaine s’arrêta et se retourna vers la folie.

 

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La légende de l'amour et la folie:chant onzième

Jeudi 19 Juin 2008, 09:30 GMT+2par Gigi et Hauteclaire

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La folie franchit  d’un bond la distance qui la séparait du cavalier. C’était étrange, il lui avait parut si loin d’elle…Et pourtant elle était déjà dans ses bras, laissant couler librement les larmes contenues depuis son entrée dans la ville.

– Je croyais ne plus jamais pouvoir sortir de cette cité infernale ! dit-elle avec horreur.
Il caressa doucement ses cheveux, posant ses lèvres sur la joue veloutée, là où la larme avait laissé un sillon brillant.

– Ceux qui en ressortent sont rares. Je pensais t’avoir perdue pour toujours, mais je ne pouvais me décider à partir. Plusieurs lunes comme celle-ci se sont succédées depuis que tu es partie, qui me rappelaient la douceur de ta peau. Souvenir que je croyais sans espoir, et maintenant tu es là. Comment es-tu sortie ?

– Je ne sais, il y avait une porte, dans la ville de la célébrité, et soudain, j’étais ici.
La folie chercha du regard la ville qu’elle venait de quitter, étonnée de ne pas la voir . Etait-elle si loin ? Un point, révélé par la clarté lunaire, qui s’agrandissait sous ses yeux, devenait reconnaissable. La ville de fer était là, étendant ses enceintes tentaculaires dans toutes les directions, tentatrice dans ce qu’elle offrait. La folie réprima un tremblement en reconnaissant les tours effilées qui surplombaient les murs de l’enceinte et enfouit son visage dans la chemise que portait le .cavalier.

– La ville de fer est en chacun de nous, dit tranquillement le cavalier, il faut l’affronter pour la vaincre, pas seulement la fuir.

Peu à peu la folie se calma, se laissant  aller tout contre la poitrine du cavalier, regardant les murs s’éloigner lentement. Quand ils eurent totalement disparus, le cavalier fit monter la folie sur le destrier, et ils s’éloignèrent, alors que la ville disparaissait, définitivement.

 

 

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