Mardi 6 Novembre 2007
Chant troisième
Par Gigi et Hauteclaire, Mardi 6 Novembre 2007 à 07:58 GMT+2 dans Chant 3
L'amour entraîna la folie, sa main serrant ses doigts avec force. La tête tournait à la folie, en voyant les richesses entassées dans les rues de la cité. De l'or à même le sol, s'étendant en un tapis rutilant. Les pierres mélangeant le vert de l'émeraude au rouge du rubis, et au violet de l'améthyste, semblaient une protection autour du dolmen. La mélodie qui en montait l'attirait, plus que tout, et elle voulut lâcher la main de l'amour pour aller vers ce monument à une gloire inconnue. L'amour l'empêcha de partir, et à son désespoir, l'obligea à la suivre, loin, toujours plus loin. En se retournant, le folie vit que la goutte de sang s'était répandue, formant une rivière qui s"écoulait jusqu'au pied du dolmen, noyant de feu les joyaux.
Elle eut peur, et suivit l'amour qui la menait vers le château.
Hauteclaire
Le château avait l'air de surgir de nul part
Un palais irréel mais somptueux
La vision de cette masse blanche donnait l'impression profonde, saisissante, d'un trésor de volupté
Un long escalier semblait danser autour d'une des quatre tours
Il était orné de figures qui représentaient des puttis sortant du temple de mars
C'était un spectacle unique
Des ambres étaient incrustées dans la roche et, brillaient comme si une âme mystérieuse les habitait
On aurait dit qu'elles étaient vivantes...
Une large porte de bois terminait cet escalier
On apercevait au milieu une énorme Agathe d'un rouge vif étincelant
Gigi
L'amour entraîna la folie, lui tenant toujours la main, ses longs doigts serrant les siens avec force. Elle alla droit vers l'escalier qui montait vers la porte de bois et sa gardienne minérale. Sous leurs pieds, des joyaux de toutes couleurs, durs et doux, semblaient chanter à leur passage. La paroi de la tour blanche était de cristal translucide, et l'escalier ne faisait que l'effleurer, montant haut, toujours plus haut. Elles arrivèrent enfin devant la porte et sa pierre. L'amour posa sa main sur l'agate, et celle ci se mit à briller, comme s'éveillant d'un long sommeil. La couleur rougeoya, lançant des éclairs. Une voix se fit entendre:
Que venez vous faire en ces lieux? demandait le joyau.
Hauteclaire
Ce château accueille tous les humains, qu'ils soient esclaves ou maîtres...
Qui êtes-vous continua la voix de plus en plus menaçante
La folie sursauta, et, se cacha derrière son amant
L'amour eu un mouvement de mécontentement
Tu es lâches lança t'elle avec force
tu oses t'appeler la folie...
La folie se redressa et sentit monter en elle une colère noire
De la haine commençait à se dessiner sur son visage
Sentiment nouveau que la folie n'avais jamais ressenti
Prodige du château ou de l'amour qui se transforme au fil du temps
Elle agrippa la robe de mousseline blanche de l'amour, et, d'un geste brusque lui arracha
Qui des deux est lâche lança t'elle...
L'Agathe qui luisait d'un rouge ocre se transforma en un bleu profond presque noir
La porte s'ouvris dans un grincement sinistre
La partie semblait commencer...
Gigi
La porte s'ouvrit dans un grincement sinistre qui arrêta net la querelles entre l'amour et la folie. Elles se regardèrent, et honteuse, la folie ramassa la robe pour la tendre à l'amour. Puis, redressant la tête avec fierté, elle s'avança pour entrer la première dans le château. Un vent glacial lui souffla au visage, alors qu'elle pénétrait dans un couloir obscur. Elle sentit que l'amour la suivait, leurs deux corps se frôlant alors qu'elles marchaient pour atteindre l'extrémité du passage. Derrière elles, la porte à l'agate se referma, leur interdisant de revenir sur leurs pas. A l'autre bout, une deuxième porte qui s'ouvrit en silence. Une lumière vive succéda aux ténèbres, et elles se retrouvèrent dans une grande salle, sans fenêtres. Leurs pas glissaient sur un parquet raffiné, au plafond des lustres ruisselant de toutes leurs lumières. Aux murs des miroirs, une infinité de miroirs.
La folie vit que ce n'était pas l'amour qui la suivait...
Hauteclaire







