
Ce paysage était féerique
Le lac était d'un bleu intense
La folie resta un long moment devant ce pouvoir
Le soleil commençait à taper durement
Cet instant était interminable
La folie secoua la tête et se détourna de son regard
A l'arrière du lac on apercevait un large escalier de marbre rose
La folie contempla encore une fois le pouvoir
La tête commença à lui tourner...
Elle sentit soudain le frôlement de la main de l'amour
Le désir s'abattit sur elle tel un tourbillon fébrile
Gigi
Le désir s'abattit sur elle tel un tourbillon fébrile. La folie se retourna lentement vers l'amour, cherchant du regard les yeux de son amante. Elle fut éblouie par un éclat de métal. Le pouvoir avait repoussé l'amour, et se tenait près d'elle, l'armure étincelante d'or promettait toutes les richesses.
-Viens avec moi, lui dit-il. Tu pourras avoir ce que tu désire le plus, et tu pourras régner sur les mondes. Son regard était insondable, âpre et vide. La folie se détourna, apeurée, et vit que l'amour avait gravi les premières marches de l'escalier. Elle la rejoignit, ignorant les cris de rage du pouvoir. La pierre rose était douce sous leurs pieds et paraissait onduler légèrement comme un animal vivant.
Hauteclaire
Le premier pas posé par la folie sur ce marbre lui parut comme une nouvelle volupté
C'était le désir, le pays du désir
Le vent se leva avec des élans de murmures
Le deuxième pas réveilla en elle le désir qui renaissait inlassablement
Le plaisir était en elle
Elle avait l'impression de modifier l'ordre du temps
La troisième marche sur ce marbre rose et chaud distendait et prolongeait à l'infini l'instant d'avant
Le plaisir n'était plus un instant
Elle avait l'impression de marcher dans les airs
La quatrième marche la fit rentrer dans une contrée impénétrable
Gigi
La folie posa le pied sur la quatrième marche et autour d'elle le palais, ses murs et ses miroirs disparurent comme en un tourbillon.
Elle se trouvait en un lieu étrange, une jungle inextricable où des temples se dressaient, entourés par les racines d'arbres gigantesques. Nul vivant dans ce décor, seuls des animaux au regard brillant passaient, indifférents à sa présence.
Dans le fond d'un des temples une lumière brillait, une mélopée s'en échappait, douce et lancinante. Irrésistiblement attirée, la folie s'en approcha.
Hauteclaire

Il faisait chaud et humide dans cette jungle enchanteresse
Cette musique, douce et triste à la fois, se faisait de plus en plus clair
La folie, monta le grand escalier abrupt de ce temple, et, s'avança vers l'entrée
Une forme se distinguait au fond, portant une robe de soie bleue comme l'azur
De longs cheveux noirs comme la nuit, ondulaient doucement sur ces hanches
On ne pouvait apercevoir son visage, car, il semblait caché par un masque
Douce musique enivrante mais si triste...
Gigi
La folie s'avança vers la silhouette toute de bleu vêtue. Le temple était profond, vaste. Des colonnes sculptées soutenaient une voûte hors de la vue de la folie, disparaissant dans la pénombre que les torches ne pouvaient dissiper. Le marbre le plus pur recouvrait le sol d'une couleur bleutée, la folie avait l'impression de marcher sur une vague immobile alors que ses jambes la portaient malgré elle vers l'autel ou l'attendait la créature aux longs cheveux noirs. Elle dansait lentement au rythme de la mélopée des adorateurs invisibles, car le temple était vide. Quand la folie fut près de la femme, elle vit que celle ci portait un poignard à sa ceinture.
Elle trembla.
Hauteclaire
A l'arrière de la créature on apercevait un bassin avec des marches taillées dans le marbre
Le plafond et les murs étaient habillés de miroirs
Troublée et appeurée la folie jeta un regard pénétrant à cette femme
La créature lui fit signe avec le bras d'aller dans ce bassin
Doucement, la folie s'exécuta et descendit quelques marches
Elle tâta l'eau du pied
Elle était tiède et parfumée
Sans plus attendre la folie s'y plongea jusqu'au épaules, et, défaisant son lourd chignon, laissa ses cheveux dorés flotter derrière elle
Elle se laissa ainsi dériver longuement, savourant cet instant dans sa plus grande volupté
Un clapotis se fit entendre à côté d'elle
Gigi
La folie se laissait dériver dans cette eau tiède et douce, enivrée par un parfum de fleurs, capiteux et envoûtant, sans pensées cohérentes. Un clapotis se fit entendre près d'elle, qui la força à rouvrir les yeux. Tout d'abord elle ne vit rien, éblouie par les flammes des torches du temple. Plus aucune mélopée ne venait troubler le silence profond de la nuit, et les colonnes reflétaient les lueurs dansantes sur leurs troncs sculptés d'arabesques délicates. Plus loin, dans le fond du sanctuaire, tout était plongé dans l'ombre épaisse, rampant, puis s'élevant en volutes, comme les boucles de la chevelure de la prêtresse. La folie regarda l'eau et vit l'amour se redresser, les gouttes glissant sur son corps nu comme autant de joyaux à l'éclat irisé. Ses longs doigts repoussèrent les mèches de cheveux brillants, et elle s'avança vers la folie. Elle portait le poignard incrusté de pierreries.
Hauteclaire
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