la légende de l'amour et la folie

chant sixième

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La folie sécha ses larmes, et regarda autour d'elle la forêt qui l'entourait, ouverte d'une large allée qui menait vers ce château opalescent. Le soleil en se couchant, avait chassé les nuages et la pluie, dévorant l'horizon d'une lumière plus rouge que le rubis le plus pur. Seul, au dessus des tours, demeurait cette ombre luminescente qui l'éclairait d'une aura de feérie. Les murailles des donjons brillaient dans les rayons de l'astre, se transformant en matière vivante et vibrante, animée de vie. La folie se sentit attirée, sans plus aucune peur, emplie d'une certitude jamais éprouvée. L'amour se trouvait en cet endroit, et l'y attendait. Elle franchit hardiment la porte du château, pour se trouver dans un monde de transparence argentée. Tout était immaculé, les lourdes tentures aux fenêtres, sous ses pieds, des tapis épais étendaient leurs splendeurs blanches rebrodées à l'infini. Les coffres du marbre le plus pur, le disputaient aux statues chriséléphantines, altières et parfaites. Une table, taillée dans un albâtre unique, reposait sur des pieds de bêtes griffues, un jeu d'échecs placé en son centre. La folie, s'en approcha, les pions et les cases noires du jeu, tranchaient sur la couleur vierge du lieu. Elle poursuivit son chemin.
Hauteclaire

La folie commença à monter sur un escalier aux couleurs rose et bleu ciel
Elle avait l'impression de se fondre dans la pierre de nacre
Arriverait-elle à l'ultime refuge ? Ou, était-il un lieu de séquestration de son amour?
Etait-elle en détresse ? Ou, soumise ?
Etait-elle la gardienne ? Ou, la maîtresse
Une odeur d'orchidées sauvages commençait à émaner autour d'elle
Dans cette fascinante demeure, les sens de la folie se réveillaient...
Le sifflement du vent traversait les fenêtres transparentes
Les couloirs étaient déserts, et, on devinait derrière des tapisseries de laine des portes secrètes et interdites
Ce domaine était tout simplement irréel
La folie sentait derrière elle, des forces invisibles qui la dirigeaient malgré elle vers un donjon
Une lumière émanait furtivement sous une porte
Comme, portée dans une autre dimension, la folie, continua dans un sentiment de plénitude
L'énergie envoûtante de l'amour était-elle derrière?
Une immense pierre de granit fermait le passage de cette entrée
La folie posa la main dessus, et, dand un bruit métallique la porte s'ouvris
Un appartement se présenta devant-elle
Les murs étaient ornés de tableaux aux mille couleurs
Elle avança à l'intérieur doucement
Une forte chaleur s'y dégageait
Soudain, dans un tonnerre assourdissant, la table d'albâtre avec le jeu d'échecs réapparu au centre
Les ombres des tableaux semblaient s'animer dans une excitation certaine
Sept fenêtres arborées d'auras se dessinèrent sur les murs
Des astres de plusieurs couleurs se dessinaient à l'intérieur
Le rouge, le vert, le bleu, le jaune, le noir, le gris, et, le violet
Le premier pion de l'échiqiuer avança de 2 cases
Le noir, était maître...
Gigi

 

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Chant sixième

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La folie regarda l'échiquier, interdite. Devait elle jouer? et quel était l'enjeu? Les personnages des toiles peintes semblaient aux aguets, pendant que les astres aux fenêtres brillaient de tout leur éclat, en une lente rotation sur eux mêmes.
Elle s'approcha de la table, et timidement avança la main pour se saisir d'un pion. Elle regarda plus attentivement, et comprit qu'ils étaient à l'image des êtres qu'elles avaient croisés avec l'amour, depuis le début de leur voyage. Le cavalier montait son destrier blanc, le roi son amant double, le fou était l'ombre qui l'avait entraînée sous la cascade. Délicatement elle prit la reine, et la sentit chaude sous ses doigts. L'amour, elle tenait l'amour dans sa main, et la figurine blanche bougeait faiblement, comme pour tenter de se débattre. Horrifiée, elle la reposa sur l'échiquier de marbre. L'amour était emprisonnée dans cette pièce du jeu, et la folie comprit qu'elle allait devoir jouer la partie si elle voulait que sa compagne soit libérée de ce sortilège. Elle tenta de reprendre son calme, et s'assit sur une chaise au haut dossier sculpté. Elle prit hardiment un pion, et le plaça en un début de partie audacieux. Les personnages s'agitèrent dans leurs cadres, roulant des yeux furieux à mesure que la folie prenait de l'assurance et emportait ses coups contre les noirs. Finalement elle prit la reine amour, et à haute, intelligible voix prononça: échec et mat!
Les noirs avaient été vaincus. Dans un claquement sourd, les fenêtres se fermèrent, l'échiquier sembla se soulever, devenir immense en se dressant devant elle, comme pour l'écraser de sa masse. Puis tout le château parut se soulever, et dans un fracas terrible, se désagrégea autour de la folie. Elle se retrouva allongée par terre, dans de l'herbe, avec une figurine près d'elle. Elle se redressa, gardant la précieuse petite sculpture dans le creux de sa main. Elle la regarda, que devait elle faire à présent?
Elle broya la figurine, et soudain l'amour fut dans ses bras
Hauteclaire

L'amour était habillée d'une robe de soie noire comme la nuit
La main de la folie, lui effleura une jambe qui, se dessinait à travers le tissu, d'une douceur érotique
Elle était aussi belle qu'elle pouvait devenir dangereuse...
L'amour se redressa, et, des cristaux de rubis tombèrent au rythme d'une pluie d'étoiles
"viens, dit-elle", en poussant la folie vers la forêt
"Il faut repartir"!
Les arbres devenaient d'un bleu pâle presque féerique voir presque diabolique
La folie hésita un moment avant de pénétrer dans ce domaine étrange
Les couleurs qui habillaient les branchages étaient hypnotiques
A chaque pas de l'amour, les plantes et, les arbres, changeaient soudainement de teintes
Le rouge dominait, le vert s'évaporait
Des ombres bleutées accompagnaient l'amour au rythme de ses déhanchements
La folie s'arreta et observa longuement sa partenaire
Un frisson de doutes lui parcourut le dos
Etait-elle vraiment son amour?
Sous les ombrages des arbres, le vent, commença à faire bouger gracieusement les branches comme dans une danse
Une sensation de bien être envahit doucement la folie
Une odeur légère d'abricot et, de chèvrefeuille émanait des feuillages
L'amour, se figea dans une révérence devant un érable
Sa grandeur dominait toute la forêt
Dans un souffle lunaire, des perles de cristal tournoyaient sur la robe de soie noire de l'amour
Gigi

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